‹ Poésies (volume 2)Chapitre 112 sur 208 · L*AR€ DE TRIOMPHE · texte numérisé non relu

L*AR€ DE TRIOMPHE

Il dort sur un canon ; la bataille est sa fête ; Il moissonne la gloire; il sème la défaite; Et l'Europe n'a plus de lauriers que pour lui.

Mais sur combien de renommées Il appuya son pied fatal !

Combien il écrasa d'armées Pour s'élever un piédestal î Clio, qui , sur ces vastes tables , Burinas nos faits mémorables , Redis à la postérité Comment se gagnent les batailles , Comment se font ces funérailles Qui donnent l'immortalité.

Voici les plaines de Jemmappe, Beau nom , parmi les noms guerriers.

L'ennemi succombe ou s'échappe ; Tout tremble devant Du mou riez.

Combien de palmes le couronnent !

Combien de héros l'environnent , Inaccessibles à l'effroi !

Un surtout brave la tempête.

0 France, veille sur sa tête, Un jour il veillera sur toi !

Là , quel est ce guerrier qui tombe, Bien jeune pour sitôt mourir?

•58 POÈMBB ET POASISB.

Etait-il donc fait potfr la tombe, Marcétiu, qui brillant d'avenir, Qeâfld le sort trahit son cotfragëj Pour se venger d'un tel outrage, Ne voulut qu'un sabre nouveau ?

Il meurt, et l'ennemi sans haine Vient , comme autrefois pour Turenne, Bénir avec nous son tombeau.

Plus loin , o'est encor Bonaparte, C'est le Corse au cœur de. lion ; C'est un fils de Borne ou de Sparte, Léonidas ou Scipion.

Dans les plis q> drapeau d'Arcole, Comme un Dieu dans son auréole, Il semble monter jusqu'aux pieux.

Il s'élance, il parait , tout plie ; Et les peuples de l'Italie Baisent ses pieds victorieux.

Mais , dans son essor magnifique, Le guerrier ne s'arrête pas :

Des vaisseaux! du ferl en Afrique !

L'Europe a manqué sous ses pas.

Suis-le, Kléber, sans plus attendre* La vieille cité d'Alexandre A nos soldats résiste en vain.

Ils anoblissent la Patrie, Et la palme d'Alexandrie S'unit aux lauriers du Tésin.

L'AflG DE tRlOMPHË. 269

A mort les cavaliers Numides !

Quarante siècles réveillée Ont vu , du haut des Pyramides, Fuir leurs escadrons effrayés.

Aboukir encor les rassemble; C'est qu'ils veulent mourir ensemble.

Secondez, votre chef, soldats L Entre ses mains la foudre gronde ; 11 est aussi grand que le monde, Quand vous le suivez aux combats !

Tout à coup, la France lui crie :

— « Sois consul, sois notre rempart! »

Il revient, venge la Patrie;

Et de consul se fait César.

11 ressuscite Charlemagne,

Il paraît; l'effroi l'accompagne.

Tremblez, Anglais, Prussiens, Strélilz!

Sa gloire, éblouissante aurore,

Grandit, monte, grandit encore.

Salut au soleil d'Austerlitz !

Qu'elle était radieuse et belle

La France de Napoléon ,

Quand l'aigle écrasait d'un coup d'aile

Le léopard et le lion ;

Quand , d'un œil rival de la foudre,

Il courbait les rois , dans leur poudre,

Autdur du trône impérial,

Posant , au bruit de la fanfare,

Un pied sur Moscou la Tartare Et l'autre sur l'Escurial!

Mais un seul jour fait pâlir ton étoile. Rallume , ô Conquérant ! tes astres éclipsés.

Sans boussole et sans voile, Le vaisseau de l'Etat cède aux flots courroucés.

La France, en proie aux angoisses mortelles , Se relève, appelant ses fils... Cris superflus !

Ses défenseurs fidèles Sont glacés par la mort ot ne répondent plus.

Hélas! hélas! les, grandeurs sont brisées, Les gloires ont voilé leur sublime tableau ;

Les villes épuisées L'une à l'autre tout bas répètent : — « Waterloo ! »

O Waterloo! déplorable hécatombe!

Sur l'aigle impérial s'acharnent tous les rois.

Il vole, combat, tombe...

Mais accable en tombant l'Europe de son poids !

France! réveille-toi de tes douleurs stériles,

Tu n'as que trop pleuré tes morts des Thermopyles;

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