CREPUSCULE
A MARIE DÉSIRÉE
Quand l'occident n'est plus qu'une ligne rougeâtre ; Que, dans fes vastes champs où plane le repos , Tout s'endort jusqu'aux fleurs, et que le dernier pâtre A parqué ses troupeaux ;
Quand les brises du soir, étouffant leurs haleines, Ne font plus onduler les mobiles épis ; Quand la lune sourit à travers les vieux frênes Aux oiseaux assoupis;
C'est alors que vers toi , reine de mes doux songes , S'élèvent mes pensers purs et délicieux , Que j'aime à prolonger l'extase où tu me plonges , Longtemps silencieux.
Des parfums plus voilés s'évaporent des plantes, L'âme échappe enivrée à ce monde réel , Et les blanches lueurs, dans l'espace tremblantes, Semblent des fleurs du ciel.
Je m'arrête, pensif, sous le radieux dôme. Des visions d'amour éblouissent mes yeux; De loin tu m' apparais , comme un léger fantôme Souriant et joyeux.
Le brouillard sur ta tête étend ses pâles voiles , Le ver luisant s'allume entre les. églantiers , Gomme si tu semais sous tes pas les étoiles Au détour des sentiers.
Tu t'avances planant sous l'étendue immense, Tu passes devait moi saus effleurer fe 6*1 ; Et, pour ta bienvenu^, au fond des boia oomfneppe Le chant du rossignol.
Ce chant, épanoui dans la brise attiédie, De vallons en vallons répété par les bois, Eveille dans mon coeur, comme une mélodie, Les échos de ta voix.
Quelle puissance occulte ou quelle fée amie Donne donc ton imagé à la vapeur du soir? Quel ange me sourit dans la plaine endormie Et me parle d'espoir?
Je crois tenir ta main dans la mienne pressée, Je crois sentir ton cœur battre tout près dû mien , Et sur mon front courir, plus doux que ma pensée, Ton souffle aérien.