‹ Poésies (volume 2)Chapitre 131 sur 208 · JARDIN DE WANG-WEI · texte numérisé non relu

JARDIN DE WANG-WEI

Du haut en bas du pavillon , Brillait l'émail des briques vertes ; Autour des fenêtres ouvertes Resplendissait le vermillon.

Sur les piliers , sur les murailles , Aux solives du corridor, S'enlaçaient mille dragons d'or Cuirassés de larges écailles.

Un bord dentelé couronnait Le toit de porcelaine antique ; La girouette fantastique Sur le ciel bleu se contournait.

Les plus beaux oiseaux de la terre Chantaient dans les bosquets obscurs; Les fleurs aux parfums les plus purs Étincelaient dans le parterre.

Séduit par l'éclat du verger , J'admirais sa splendeur féconde , Et je ne trouvais rien au monde Plus beau que les fleurs du pécher.

Mais tout à coup je vis sourire , Entre les treillis de bombons, Deux de ces yeux brillants et doux Pour qui Ton perdrait un empire.

L'éventail léger se plia ; J'aperçus l'enfant rose et blanche , Souple comme un saule qui penche, Fraîche comme an camélia.

A sa grâce, £ son regard tendra, A ses sourcils fins et soyeux, Je crus voir la fille des Dieux Qui parmi nous daignait descendre.

A mon aspect elle sourit , La belle enfant aux dents de jade ; Puis des rougnurs de la grenade - Son front délicat se couvrit.

0 printemps l tes beautés nouvelles N'ont plus d'attrait pour me toucher ; J'admirais les fleurs du pécher , Et maintenant j'ai pitié d'elles !

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