JARDIN DE WANG-WEI
Du haut en bas du pavillon , Brillait l'émail des briques vertes ; Autour des fenêtres ouvertes Resplendissait le vermillon.
Sur les piliers , sur les murailles , Aux solives du corridor, S'enlaçaient mille dragons d'or Cuirassés de larges écailles.
Un bord dentelé couronnait Le toit de porcelaine antique ; La girouette fantastique Sur le ciel bleu se contournait.
Les plus beaux oiseaux de la terre Chantaient dans les bosquets obscurs; Les fleurs aux parfums les plus purs Étincelaient dans le parterre.
Séduit par l'éclat du verger , J'admirais sa splendeur féconde , Et je ne trouvais rien au monde Plus beau que les fleurs du pécher.
Mais tout à coup je vis sourire , Entre les treillis de bombons, Deux de ces yeux brillants et doux Pour qui Ton perdrait un empire.
L'éventail léger se plia ; J'aperçus l'enfant rose et blanche , Souple comme un saule qui penche, Fraîche comme an camélia.
A sa grâce, £ son regard tendra, A ses sourcils fins et soyeux, Je crus voir la fille des Dieux Qui parmi nous daignait descendre.
A mon aspect elle sourit , La belle enfant aux dents de jade ; Puis des rougnurs de la grenade - Son front délicat se couvrit.
0 printemps l tes beautés nouvelles N'ont plus d'attrait pour me toucher ; J'admirais les fleurs du pécher , Et maintenant j'ai pitié d'elles !