LA FIANCÉE
A ¥ADAMg AMÉLIE il
Lorsqu'au pied de l'autel la blanche fiancée S'avance avec l'époux à qui Dieu va Punir, Elle sent tressaillir au fond de sa pensée Les regrets du passé , l'espoir de l'avenir.
Je ne sais quoi de doux et d'amer tout ensemble , De son front qui s'incline efface les couleurs ; Elle espère avec crainte , avec joie elle tremble , Et ses yeux ingénus laissent couler des pleurs.
Ce trouble vous sied bien , candide jeune 611e; J'aime à voir l'anémone aux feuilles de satin , Pâle, quand la rosée en son calice brille, Palpiter sur sa tige au souffle du matin.
Craignez encore un jour cette vie inconnue ; Ainsi , nouvelle éclose , hésite au bord du nid
L'hirondelle inhabile à sillonner la nue De son aile novice et que rien ne ternit.
Hésitez bien encor : sur la terre inféconde , Il faut de la fortune affronter le courroux. Tout est piège, péril ou tempête qui gronde; Mais il est un ami qui veillera sur vous.
Demain , quand vous verrez votre blanche couronne , Virginal ornement, sous vos pas s'effeuiller; Forte de son amour, cette main qui frissonne, Sur le bras d'un époux s'appuîra sans trembler.
Vous n'hésiterez plus , car ce sera lui-même ,
Lui que vous redoutez sans connaître pourquoi ,
Qui sera votre appui , votre force suprême ;
Que vous appellerez , en disant : — « Soutiens-moi ! »
Puissiez-vous vivre ainsi de bien longues années ! Qui ne voudrait, pendant toute une éternité, Pouvoir continuer ces chaînes fortunées , Où l'un est le soutien et l'autre la beauté ï
Ainsi, dans les forêts de la verte Australie , Jusqu'aux cieux la liane, élevant ses couleurs, Au baobab géant avec amour se lie :
L'arbre donne sa force , et la plante ses fleurs.