AMOUR
A MARIE DÉSIRÉE
Lorsque je vois tes yeux , ma plus vive souffrance
Sous ton regard s'évanouit ; Lorsque tu me souris, la fleur de l'espérance
En moi brille et s'épanouit!
Quand tu me dis : — « Je t'aime !» — 0 ma seule adorée ,
Les cieux alors me sont ouverts , La terre est trop étroite à mon âme enivrée ,
Je suis le roi de l'univers !
Je suis poëte alors ; car les feux du génie
Rayonnent sur moi de tes yeux ; Car de ton cœur au mien un fleuve d'harmonie
Descend à flots mélodieux.
Biais viens-tu par hasard à détourner la tête ,
Je m'égare en tristes accords :
Ma poésie en deuil perd ses habits d6 fête,
Ma voix et mon bonheur sont morts.
Et si je cherche encore au dedans de moi-même , Comme on cherche un songe au réveil ,
Ce que chantait mon cœur quand tu disais : — « Je t'aime ! » Quand brillait ton regard vermeil ,
La joie et le sourire , avec ton doux visage ,
Abandonnent mon front penché :
L'oiseau mélodieux se tait sous le feuillage ,
Lorsque le soleil est caché.
LE