‹ Poésies (volume 2)Chapitre 139 sur 208 · AMOUR · texte numérisé non relu

AMOUR

A MARIE DÉSIRÉE

Lorsque je vois tes yeux , ma plus vive souffrance

Sous ton regard s'évanouit ; Lorsque tu me souris, la fleur de l'espérance

En moi brille et s'épanouit!

Quand tu me dis : — « Je t'aime !» — 0 ma seule adorée ,

Les cieux alors me sont ouverts , La terre est trop étroite à mon âme enivrée ,

Je suis le roi de l'univers !

Je suis poëte alors ; car les feux du génie

Rayonnent sur moi de tes yeux ; Car de ton cœur au mien un fleuve d'harmonie

Descend à flots mélodieux.

Biais viens-tu par hasard à détourner la tête ,

Je m'égare en tristes accords :

Ma poésie en deuil perd ses habits d6 fête,

Ma voix et mon bonheur sont morts.

Et si je cherche encore au dedans de moi-même , Comme on cherche un songe au réveil ,

Ce que chantait mon cœur quand tu disais : — « Je t'aime ! » Quand brillait ton regard vermeil ,

La joie et le sourire , avec ton doux visage ,

Abandonnent mon front penché :

L'oiseau mélodieux se tait sous le feuillage ,

Lorsque le soleil est caché.

LE

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