BOUQUET DE BAL
A MARIE DESIREE
Alors, c'était au temps où je doutais encore,
Où je disais tout bas , follement éperdu :
— « Je ne suis pas aimé ; c'est en vain que j'adore ! »
Et ton regard au mien n'avait pas répondu.
Alors, voyant mes fleurs à l'abandon laissées, Voyant le bal joyeux de leurs débris semé , Je me livrais en proie à mes tristes pensées , Et je désespérais d^tre jamais aimé.
Ah! laisse maintenant, pour toute la soirée, Le bouquet oublié se faner dans un coin; Pourvu que par instants je voie , 6 Désirée 1 Tes yeux, mon tendre espoir, me sourire de loin 1
Qu'importe le parfum qui meurt avec la rose, Ou le camélia qui tombe sous tes pas ! N'est-il pas une fleur, dans nos deux cœurs éclose, Fleur au parfum divin , fleur qui ne mourra pas?