‹ Poésies (volume 2)Chapitre 154 sur 208 · STATUE DU POUSSIN · texte numérisé non relu

STATUE DU POUSSIN

AUX ÀNDBLYS

Et in Axewiii egd.

Seine, fleuve immortel, fleuve aux limpides ondes, Tu roules doucement par les plaines fécondes, Par les riches cités, en sinueux détours; Comme si' tu voulais , Naïade fugitive , • Épuiser tes trésors sur la fertile rive Où tu suis ton paisible cours.

Arrête, et viens mêler, témoin de noire joie , Ta fraîcheur à l'air pur que le printemps envoie; Tu dois favoriser notre pieux dessein.

Et toi, sous ta forêt, près de l'onde étalée, Embaume l'air des fleurs de ta verte vallée» Cité, frais berceau du Poussin*

Longtemps tu souhaitas cette graqde journée , Longtemps Poussin absent troubla ta destinée ;

Par son image enfin tes murs sont embellis. En payant cette dette à toi-même, à l'histoire, Lève un front orgueilleux et tressaille de gloire, Ville antique des Ândeiys.

0 Poussin ! tu revis; nous te voyons encore Tel qu'aux jours où l'idée ardente et près d'éclore Fermentait dans ton cœur sourdement combattu. On lit dans ton regard , dans ta tête pensante , Le long enfantement de quelque œuvre naissante : 0 Poussin ! à quoi rêves-tu?

Rêves- tu de la plaine immense

Que nourrit le Nil fortuné?

Sur Tonde un berceau se balance ,

Où dort Moïse nouveau-né.

Fille des Pharaons , la brune souveraine Ordonne , et le pêcheur au fleuve qui l'entraîne

Ravit l'enfant prédestiné;

L'enfant aux Hébreux salutaire,

Que tu peins foulant sur la terre

La couronne de Pharaoa , Délivrant Israël de son long esclavage, Faisant tomber sur lui la manne du nuage,

Et changeant en serpent sauvage La verge d'Aaron.

Vois-tu , dans la profane histoire, Rome, par un forfait préludant à sa gloire?

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