STATUE DU POUSSIN
AUX ÀNDBLYS
Et in Axewiii egd.
Seine, fleuve immortel, fleuve aux limpides ondes, Tu roules doucement par les plaines fécondes, Par les riches cités, en sinueux détours; Comme si' tu voulais , Naïade fugitive , • Épuiser tes trésors sur la fertile rive Où tu suis ton paisible cours.
Arrête, et viens mêler, témoin de noire joie , Ta fraîcheur à l'air pur que le printemps envoie; Tu dois favoriser notre pieux dessein.
Et toi, sous ta forêt, près de l'onde étalée, Embaume l'air des fleurs de ta verte vallée» Cité, frais berceau du Poussin*
Longtemps tu souhaitas cette graqde journée , Longtemps Poussin absent troubla ta destinée ;
Par son image enfin tes murs sont embellis. En payant cette dette à toi-même, à l'histoire, Lève un front orgueilleux et tressaille de gloire, Ville antique des Ândeiys.
0 Poussin ! tu revis; nous te voyons encore Tel qu'aux jours où l'idée ardente et près d'éclore Fermentait dans ton cœur sourdement combattu. On lit dans ton regard , dans ta tête pensante , Le long enfantement de quelque œuvre naissante : 0 Poussin ! à quoi rêves-tu?
Rêves- tu de la plaine immense
Que nourrit le Nil fortuné?
Sur Tonde un berceau se balance ,
Où dort Moïse nouveau-né.
Fille des Pharaons , la brune souveraine Ordonne , et le pêcheur au fleuve qui l'entraîne
Ravit l'enfant prédestiné;
L'enfant aux Hébreux salutaire,
Que tu peins foulant sur la terre
La couronne de Pharaoa , Délivrant Israël de son long esclavage, Faisant tomber sur lui la manne du nuage,
Et changeant en serpent sauvage La verge d'Aaron.
Vois-tu , dans la profane histoire, Rome, par un forfait préludant à sa gloire?