J.E ROSAIRE
plie franchit le portail sombre»
Notre-Dame brjllait dans l'ombre , Ouvrant les bras à sa douleur ; Quand une mendiante T assise Sous le portique de l'église , Lui dit ; — $ Secoures mon malheur! »
Elle répondit ; — - « Pauvre femme , Prie* Dieu pour moi, car mon Ame N'a plus d'espoir que le cercueil. »
Elle lui donna son aumône , Ht puis , aux pied» de ta Madone , Alla s'abîmer dans aon deuil. .
-*- « Notis vous bénissons , Notre-Dame De bon secours" ; Vous que sur l'Océan le matelot réclame , Vous qui sauvez ses jours ! rf
D'où s'élève cet hymne? 11 monte de la plage ; Ce sont des matelots qui rentrent dans le port,
Et vont, arrachés au naufrage, Rendre grâce à celui qui commande à la mort.
Ils s'avancent piefls nqs? chacun portant, un cierge^ Car, sous leur rude éçorce . ils sont humbles de cœur,
lit, devant l'autel de la. Vierge, Us s'inclinent pieux et redisent en choeur ;
— « Nous vous bénissons , Noire-Dame
De bon secours ; Vous que sur l'Océan le matelot réclame , Vous qui sauvez ses jours ! »
Soudain la pauvre enfant à relevé la tête :
— « C'est lui! pourquoi n'est-il revenu qu'aujourd'hui?
Dieu l'a sauvé de la tempête ; Je l'ai revu , je l'aime, et ne suis plus à lui! »
Le fiancé priait , radieux d'espérance ,
Tandis qu'elle étouffait- ses douloureux sanglots.
Enfin, ployant sous la souffrance, Elle n'entendit plus ce chant des matelots :
— f Nous vous bénissons , Notre-Dame
De bon secours , Vous que sur l'Océan le matelot réclame, Vous qui sauvez ses jours ! » .
Le lendemain , assis près de sa fiancée , Le naufragé pleurait de n'avoir pas péri , Car elle lui disait :. — « Ami ! l'heure est passée, Il nous faut renoncer à notre espoir chéri.
« Voilà ce que m'a dit ce matin le vieux prêtre : — « Interroge ton cœur et Dieu pieusement ; « Car il n'est ici-bas personne qui puisse être, < Entre ton cœur et Dieu , juge de ton serment. »