‹ Poésies (volume 2)Chapitre 169 sur 208 · HARMONIE · texte numérisé non relu

HARMONIE

Au fond des bois, Tété, quand les brises -tiédies Passent en frémissant à travers les rameaux, Vous avez entendu se fondre en mélodies Les bruits vagues de l'air, des feuilles, des oiseaux?

Depuis l'arbre géant où monte à flots la sève,

Jusqu'à l'herbe où les fleurs ouvrent leurs encensoirs ; Du vermisseau qui rampe, à l'oiseau qui s'élève ; Des vapeurs des matins, à la tiédeur des soirs;

Ce mélange de chants, de parfums, de lumière, S'unit dans un accord puissant et solennel ; Concert mystérieux que la nature entière, Dans sa reconnaissance, adresse à l'Éternel.

De l'être le plus nul dans l'échelle infinie Le refrain monotone est lui-même agréé ; Tout s'épure et concourt à la grande harmonie , Dieu semble se complaire en ce qu'il a créé.

Parfois même on croirait entendre dans l'espace Un prélude plus tendre et plus délicieux, Comme si, répondant à cet hymne qui passe, Un autre hymne sans fin nous arrivait des deux.

C'est que, dans cet instant, à nous Dieu se révèle, Et que sa voix ressort parmi toutes ces voix ; C'est que notre univers est la lyre immortelle Qui chante sa grandeur en vibrant sous ses doigts 1

Page 1