LE NOM DE MA MERE
Alide, tu sais comme on aime .
Celle de qui l'on tient le jour ; De Dieu sa tendresse est l'emblème :
Il n'est pas de plus pur amour.
Alide ! il dort sous un blanc voile, Il s'est fermé l'œil maternel Qui me guidait, limpide étoile, Rayon de l'amour éternel.
Tu portes le nom de ma mère, De ma mère que j'aimais tant ; Doux nom plein d'une ivresse amère, Mon cœur palpite en l'écoutant!
Si quelqu'un te nomme ou t'appelle.
Ému soudain à-cette voix, Je tressaille; je me rappelle; Je pleure et souris à la fois.
Ce nom sacré trouble et caresse Les fibres de mon cœur blessé ; C'est comme un parfum de tendresse Que sur toi ma mère a versé.
Ce nom lui seul n'est pas la cause De ma fraternelle amitié ; Mais il y donne quelque chose De pur et de sanctifié.
J'aime ta gaîté, mon Âlide; J'aime tes gracieux accents ; Mon front soucieux se déride À tes sourires caressants.
Je cherche quelque ressemblance, Écho de moi seul entendu, Entre toi, vivante espérance, Et l'être aimé que j'ai perdu.
Je veux que le nom de ma mère Soit une étoile sur ton front : Jamais en ce monde éphémère Plus de vertus ne fleuriront.
On eût dit, tant elle était bonne.
Que l'ange de la piété Tenait sur elle une couronne De lumière et de pureté 1