‹ Poésies (volume 2)Chapitre 184 sur 208 · LE .SPECTRE DU FIANCÉ · texte numérisé non relu

LE .SPECTRE DU FIANCÉ

Danse, danse! mais redoute, Une nuit, après le bal , A l'heure sombre où Ton doute , De voir le spectre fatal.

Sa voix morte, pour la danse , Comme autrefois te prira ; Son bras osseux, en cadence , A ton corps s'enlacera.

Ta joue ardente de fièvre , Tes cheveux blonds et soveux Toucheront ses dents sans lèvre Et ses orbites sans yeux.

Toi , frissonnant sous tes voiles , Tu suivras ses pas pressés , A la lueur des étoiles Dans le champ des trépassés.

Le vent nocturne , qui pleure Comme la Voix du remords , Dans les cyprès qu'il effleure Dira de tristes accords.

Et tous deux , par les ténèbres , A travers mille détours , Entre les dalles funèbres , Vous irez valsant toujours.

Enfin tu faibliras par le spectre enlacée...

Tes pleurs amers t'éveilleront , Pâle, sentant toujours son étreinte glacée

Et son baiser froid sur ton front.

Chassé par les plaisirs que ramène l'aurore

Il fuira le rêve insensé ; Mais, la nuit, tu craindras de voir paraître encore

Le fantôme du fiancé.

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