‹ Poésies (volume 2)Chapitre 188 sur 208 · LE CIMETIERE NEUF · texte numérisé non relu

LE CIMETIERE NEUF

Dans le cimetière aux murs blancs Où ne repose encor personnel Ont poussé des blés opulents.

Et pour le pauvre on y moissonne.

Seigneur, quelque jour, dans ces murs, On moissonnera pour vos granges ; Nos morts seront les épis mûrs, Les moissonneurs seront vos anges.

Venus de votre ciel d'azur, Ils feront la récolte humaine :

Gardant pour vous le froment pur Et jetant la stérile graine.

Dans le cimetière aux murs blancs, Faites, quand je serai sous l'herbe, Qu'un de vos anges consolants Me trouve assez mûr pour sa gerbe !

Saint-Gaultier, 9 septembre 1854.

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