‹ Poésies (volume 2)Chapitre 200 sur 208 · A DEUX · texte numérisé non relu

A DEUX

C'était dans le bois, sous l'ombrage,

Au soir ; L'ombre envahissait le feuillage

Plus noir.

Sous les arbres, mobiles dômes,

Glissaient Quelques rayons où des atomes

Dansaient.

Ensemble ils marchaient tous deux , Elle

Et Lui.

Lui , servant à l'enfant plus frêle

D'appui , Pressait , silencieux et tendre ,

Le sol.

Elle, oiseau joyeux qui va prendre

Son vol , Aux échos jetait gracieuse

Sa voix , Et sautait dans l'herbe soyeuse

Du bois.

Sur son épaule aux chairs nacrées

Le vent

Soulevait ses boucles dorées

Souvent ; Son œil où pétillait sa joie

D'un jour, Jetait ces longs éclairs qu'envoie

L'amour.

Lui , recueilli dans sa tendresse ,

Vainqueur, Nageait dans l'ineffable ivresse

Du cœur; Sur elle abaissant sa paupière

Pieux, Il l'enveloppait tout entière

Des yeux ; Et son regard , dans chaque pose

Bien long , Admirait- ce bel ange rose

Et blond , Qui gazouillait d'une voix douce

Tout bas, Marquant à peine sur la mousse

Ses pas.

Où donc allaient-ils, lorsque l'ombre

Croissait , Tous les, deux seuls par le bois sombre?

Qui sait?

Sans doute ils n'en savaient eux -même

Plus rien.

Qu'importe où l'on va quand on s'aime

Si bien !

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