A DEUX
C'était dans le bois, sous l'ombrage,
Au soir ; L'ombre envahissait le feuillage
Plus noir.
Sous les arbres, mobiles dômes,
Glissaient Quelques rayons où des atomes
Dansaient.
Ensemble ils marchaient tous deux , Elle
Et Lui.
Lui , servant à l'enfant plus frêle
D'appui , Pressait , silencieux et tendre ,
Le sol.
Elle, oiseau joyeux qui va prendre
Son vol , Aux échos jetait gracieuse
Sa voix , Et sautait dans l'herbe soyeuse
Du bois.
Sur son épaule aux chairs nacrées
Le vent
Soulevait ses boucles dorées
Souvent ; Son œil où pétillait sa joie
D'un jour, Jetait ces longs éclairs qu'envoie
L'amour.
Lui , recueilli dans sa tendresse ,
Vainqueur, Nageait dans l'ineffable ivresse
Du cœur; Sur elle abaissant sa paupière
Pieux, Il l'enveloppait tout entière
Des yeux ; Et son regard , dans chaque pose
Bien long , Admirait- ce bel ange rose
Et blond , Qui gazouillait d'une voix douce
Tout bas, Marquant à peine sur la mousse
Ses pas.
Où donc allaient-ils, lorsque l'ombre
Croissait , Tous les, deux seuls par le bois sombre?
Qui sait?
Sans doute ils n'en savaient eux -même
Plus rien.
Qu'importe où l'on va quand on s'aime
Si bien !