‹ Poésies (volume 2)Chapitre 34 sur 208 · UNE JEUNE FEMME · texte numérisé non relu

UNE JEUNE FEMME

Un bel enfant au teint de rose , Candide séraphin béni de l'Éternel ,

Et dont rame, nouvelle éciose, S'ouvre, comme une fleur, à l'amour maternel?

Lorsque sur votre sein qu'il presse Vous voudriez pouvoir le fixer sans retour,

Et , pour l'enivrer de tendresse , Mettre tout votre cœur dans un regard d'amour,

Alors votre beauté rayonne > Alors vous ressemblez aux tableaux du saint lieu ,

A ces tableaux où la Madone , Dans sa sérénité , sourit à l'Enfant-Dieu.

Mais son front fatigué se penche , Son œil à demi clos lutte avec le sommeil;

Laissez , sur votre épaule blanche , Reposer mollement son visage vermeil.

Qu'il dorme , calme et sans envie , Lorsque le ciel encore est doré devant lui ;

Plus tard l'horizon de la vie Ne sera plus brillant et pur comme aujourd'hui.

Jamais le sommeil qui l'oppresse Ne lui sera si doux au séjour des humains ,

Qu'ainsi bercé d'une caresse , Le front sur votre épaule et les pieds dans vos mains.

Les anges , dans un météore , Planent en souriant et lui jettent des fleurs,

Plus tard , s'ils reviennent encore , Ils reviendront , hélas ! pour essuyer ses pleurs !

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