UNE JEUNE FEMME
Un bel enfant au teint de rose , Candide séraphin béni de l'Éternel ,
Et dont rame, nouvelle éciose, S'ouvre, comme une fleur, à l'amour maternel?
Lorsque sur votre sein qu'il presse Vous voudriez pouvoir le fixer sans retour,
Et , pour l'enivrer de tendresse , Mettre tout votre cœur dans un regard d'amour,
Alors votre beauté rayonne > Alors vous ressemblez aux tableaux du saint lieu ,
A ces tableaux où la Madone , Dans sa sérénité , sourit à l'Enfant-Dieu.
Mais son front fatigué se penche , Son œil à demi clos lutte avec le sommeil;
Laissez , sur votre épaule blanche , Reposer mollement son visage vermeil.
Qu'il dorme , calme et sans envie , Lorsque le ciel encore est doré devant lui ;
Plus tard l'horizon de la vie Ne sera plus brillant et pur comme aujourd'hui.
Jamais le sommeil qui l'oppresse Ne lui sera si doux au séjour des humains ,
Qu'ainsi bercé d'une caresse , Le front sur votre épaule et les pieds dans vos mains.
Les anges , dans un météore , Planent en souriant et lui jettent des fleurs,
Plus tard , s'ils reviennent encore , Ils reviendront , hélas ! pour essuyer ses pleurs !