LES OISEAUX DE PASSAGE
Avant l'heure où le jour décline, Viens avec moi sur la colline ; Viens avec moi , nous serons seuls.
Le soleil est brillant encore.
On dirait que c'est lui qui dore Les cimes jaunes des tilleuls.
Mais déjà le vallon , dans l'ombre ,.
S'enveloppe d'un brouillard sombre, Humide linceul des hivers ; Déjà les feuilles desséchées; L'une après l'autre détachées, Tapissent les gazons moins verts.
Vois-tu les oiseaux de passage , Dans nos bois dépouillés d'ombrage Rassembler leur essaim mouvant?
Ils vont partir avec l'automne;
Leur chant plaintif et monotone Se mêle au murmure du vent.
Ils sont tristes comme la terre , Ou comme Ion cœur solitaire Par tant de douleurs abattu, a 0 Dieu ! disent-ils dans leur plainte, . Où nous entraîne ta voix sainte?
Sur quels bords nous appelles-tu?
« 0 Dieu ! nous quittons avec peine Le grand bois et la vaste plaine :
Là, nous avons connu le jour; Là, sur Paubépine nouvelle, Nous avons essayé notre aile Et chanté notre jeune amour.
« Là nous avons , sous l'ombre douce , Entrelacé le nid de mousse Que tu nous appris à bâtir.
L'arbre dans sa branche élevée Berça notre frêle couvée....
Et voilà qu'il nous faut partir !
« Qu'elle était belle, la Patrie , Avec sa couronne fleurie , Son manteau vert et son ciel pur ; Quand au matin l'aube superbe Versait en diamants sur l'herbe La rosée et les fleurs d'azur!