A MON PERE
En vain nous espérons jouir de notre vie Et récolter un jour le champ ensemencé ; Rarement de ses fruits la semence est suivie. L'avenir vous dément, promesses du passé !
Un destin , envieux de ce que l'homme espère , Nous pousse incessamment de séjours en séjours. Il faut t'abandonner, demeure de mon père; f.'est demain que je pars ; demain ! et pour toujours !
C'est demain que je pars , doux berceau de ma joie ! Pour la première fois je te contemple en deuil. Mon cœur a tressailli ; mon genou cède et ploie ; Je baise avec respect la pierre de ton seuil.
Je ne connaîtrai plus ni cette paix tranquille ,
Ni ces jours d'autrefois, de mes jours les meilleurs;