‹ Poésies (volume 2)Chapitre 41 sur 208 · LE NOUVEAU-NE · texte numérisé non relu

LE NOUVEAU-NE

Enfant! petit enfant, si charmant mais si frêle, Qui nous contemplez tous d'un regard étonné, Comme un petit oiseau qui ne connaît que l'aile Et le duvet du nid dans lequel il est né ;

Vous ne savez encor ce qu'on appelle vivre ; Vous acceptez l'aurore éclatante au matin , Sans vous inquiéter du jour qui doit la suivre ; Car vous ne connaissez ni passé ni destin.

Déjà pourtant votre œil sourit à votre mère; Vous la cherchez la nuit , vous la cherchez le jour ; De loin vous rappelez par une plainte amère , De près vous lui tendez les bras avec amour.

Déjà vous tressaillez de joie et de souffrance , Et vous comptez pourtant moins de jours que de pleurs. Les pleurs! Dieu les plaça dans les yeux de l'enfance, Ainsi que la rosée au matin dans les fleurs.

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