LES ORPHELINS. ,
L'église était auprès; sa simplicité sainte , Ses murs vieillis disaient : le Seigneur est ici ! Mais la foule joyeuse en avait fui l'enceinte; La maison du Seigneur était fermée aussi.
Des tristes orphelins la marche était plus lente , Leurs membres fatigués en demandaient la fin. Les deux petits , pressés contre leur sœur tremblante , S'écriaient en pleurant : — « Maman , maman , j'ai faim 1 »
— a Hélas ! mes bien-aimés , elle est là , notre mère ! » Dit l'aînée , approchant d'un tertre tout nouveau. Un seul rameau de buis, une fleur éphémère , De la veuve du pauvre indiquaient le tombeau.
Sur la terre, à genoux tous les trois ils se mirent, De leurs pleurs devant Dieu répandant les trésors , Prièrent bien longtemps et bien longtemps gémirent ; Mais les pleurs aujourd'hui n'éveillent plus les morts.
Et la lune argentait la nuit pure et sereine ; Un rossignol chantait sur un haut peuplier ; On entendait parfois des rires dans la plaine , Et les accords lointains du vieux ménétrier.
Une vieille passait alors au cimetière ; Pauvre , elle n'avait rien que des haillons hideux , Et devait à l'aumône une étroite chaumière : Elle vit les enfants, et seule eut pitié d'eux.
— « Venez, chers orphelins, sous mon chaume qui tremble, Dit-elle , vous aurez à souffrir bien souvent. Mais j'ai du pain ençor; nous glanerons ensemble. Aux agneaux nouveau-nés Dieu mesure le vent. »
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