LETTRE DE LA VEUVE
— « Ma pauvre fille , avec ta mère Dans ce grenier tu meurs de faim ; Mais peut-être à notre misère Daignera-t-on donner du pain.
Vois-tu? cette lettre est écrite Pour un riche qui la verra.
Prions, prions, pauvre petite ,
Et le bon Dieu nous entendra. »
Nul ne répond! plus d'espérance!
Le riche n'avait pas compris ; Pour le pauvre et pour sa souffrance 11 n'avait eu que du mépris.
Alors l'enfant se prit à dire :
— « Pourquoi pleurer comme cela?
C'est au bon Dieu qu'il faut écrire , Et le bon Dieu nous répondra. »
— « S'il était encor sur la terre , Dieu nous secourrait aujourd'hui ; Mais la lettre que tu veux faire Ne monterait pas jusqu'à lui. v
— « Pour qu'elle arrive à son adresse , Au tronc du pauvre on la mettra ;
Il est si bon pour la détresse !
Oui | le bon Dieu nous répondra. »
Dans sa confiance naïve , A son projet l'enfant rêva ; Puis elle écrivit sa missive :
Au tronc du pauvre on la trouva.
On courut chez la pauvre mère , Et lorsque chez elle on entra , L'enfant lui redisait : — « Espère !
Oui , le bon Dieu nous répondra. »