LA CRÈCHE
Eh bien! cette mère qui souffre, Qui voit la misère , affreux gouffre , Lui fermer partout le chemin , Vous pouvez calmer sa souffrance , Et , plein de vie et d'espérance , Son enfant sourira demain.
Sous l'inspiration céleste , Une bienfaisance modeste Ouvre aux nouvau-nés un abri , Souvenir de la crèche austère Où Dieu , descendu sur la terre , Enfant, à la Vierge a souri.
La Crèche , asile salutaire , Où, pour un modique salaire, La travailleuse au pas pressé , Courant où sa tâche l'appelle ,* Livre à la plus douce tutelle Son enfant jadis délaissé.
La Crèche , où la charité veille ,
Où le nouveau-né s'émerveille
Du soleil qui vient l'éclairer;
La Crèche , où tant de pauvres anges
Apprennent, dans de plus doux langes,
Qu'on peut vivre un jour sans pleurer.
Ah ! donnez de votre opulence , Pour que l'enfant de l'indigence
m LIVRE TROISIÈME.
Qui frissonne dans un lambeau , Trouve chaque jour , à la Crèche , Le long sommeil , la santé fraîche , La chaleur d'un moelleux berceau.
Donnez! ce que votre main sème A votre enfant, dans le ciel môme , Sera compté comme un trésor, Donnez , pour que Dieu lui sourie l Souvent pour lui votre cœur prie ; Bien faire c'est prier encor.
Donnez! la pauvreté fidèle, Sur le berceau fondé pour elle Lira le nom de votre enfant.
Chaque jour une heureuse mère Le nommera, dans sa prière, Avec ua souris triomphant.
Et les prières maternelles , Comme les anges , ont des ailes Pour s'élancer de ce doux nid* A ces vœux qu'une mère adresse , Les cieux tressaillent d'allégresse , Le monde espère, et Dieu bénit!
Juin 1846.