À MONSIEUR DE FALLOUX
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Dans les faubourgs de Paris, abondent d'immenses misères matérielles et morales, dont l'insurrection de Juin 1848 a manifesté tonte la profondeur.
L'œuvre des faubourgs, établie à cette époque, patronna les enfants pauvres, les visite dans leur famille, leur ouvre l'accès des éeoles et pourvoit autant que possible à leurs besoins.
Vous avez repcontré pes enfants de Paris , Errants par les faubourgs, débiles, amaigris; t ' Mais portant fièrement leur blouse lacérée, Dardant un mot railleur à la pointe acérée , Fixant sur tous un cçil curieux et changeant , Trop hardi quelquefois , toujours intelligent.
LES ENFANTS DES FAUBOURGS. 15t
Prompts au mal comme au bien f faciles à séduire, Le clinquant comme For leur plaît et les attire ; Tout est pour eux spectacle; un supplice odieux, Aussi bien qu'une fête , enchantera leurs yeux. Il est un bruit surtout qui les exalte encore ; C'est le chant du clairon , c'est l'orchestre sonore Que suit un régiment , déployant au regard Son brillant uniforme et son vieil étendard ; Leur jouet le plus beau , c'est le débris d'une arme ; Ils sont fils de soldats et la guerre les charme. Aussi quand , pour rémeute ou pour la liberté , Un cri provocateur dans le peuple est jeté , Et quand le rappel bat parmi la foule accrue , Qui lève le premier un pavé dans la rue? Qui , devant les canons grondant aux carrefours, Succombe le premier? — Un enfant des faubourgs !
Un enfant des faubourgs , un noble cœur sans doute. Oui ! s'il n'eut pas erré sans appui dans sa route , Profanant ses habits et sa jeune candeur Aux fanges de la ville où trône l'impudeur , N'apprenant dans la rue ou sur d'infimes scènes Que des leçons de vice ou des refrains obscènes ; S'il eût été formé par l'exemple du bien , Aux généreux devoirs d'homme et de citoyen ; S'il avait fécondé, dans une enfance active, La délicate fleur de sa vertu native ; S'il avait fréquenté l'école et le saint lieu ; Grandi dans le respect d'une mère et d'un Dieu , Au lieu d'amers loisirs dont il est la victime,
Il eût connu l'honneur, aimé la paix intime, La gloire du travail , le devoir accompli , Et le repos qu'on goûte après un jour rempli.
Il eût donné de même et son sang et sa vie ;
Mais , connaissant sa cause et l'ayant bien servie ,
Mais , sachant limiter ses droits aux droits d'autrui ,
Esclave du devoir , il serait mort pour lui ;
Au lieu de s'immoler , séide expiatoire ,
A quelque aventurier que flétrira l'histoire
Et qui jette à la foule un mot retentissant,
Pour s'ouvrir au pouvoir un chemin dans le sang.
Race ardente, faible nature, Trop souvent livrée en pâture A qui veut lui donner des lois , Faite aussi pour frapper le monde, Quand , au jour où la foudre gronde , Dieu lui-même emprunte sa voix !
De quel limon , de quel bitume Sont pétris des cœurs où s'allume Tantôt ce feu dévastateur , Et tantôt cette clarté pure , Phare qui luit dans l'ombre obscure, Étoile du navigateur?
Est-il une noble carrière Où d'une éclatante lumière