‹ Poésies (volume 2)Chapitre 65 sur 208 · LES ENFANTS DES FAUBOURGS · texte numérisé non relu

LES ENFANTS DES FAUBOURGS

Les fils du peuple n'aient brillé?

Molière naquit à la halle ; Le Poussin , cette âme idéale , Sous le chaume s'est éveillé.

Flécbier, cette voix noble et triste, Daubenton , le naturaliste, Jacquart, l'inventeur de métiers, .

Jean-Bart , le dompteur de tempêtes , Rousseau , Gilbert et cent poëtes :

Qu'étaient-ils? — des fils d'ouvriers 1

Mais c'est sur les champs de bataille Que, dressant fièrement leur taille, Ils sont plus beaux dans leur fureur.

Relève*toi , foule guerrière , Qui marchais, quand l'Europe entière Tremblait aux pas de l'Empereur!

Héros, que la gloire couronne, Toi , Junot , que nul bruit n'étonne ; Toi, Lannes, vainqueur tant de fois; Toi , Hoche , soldat patriote , Et vous , Murât et Bernadotte , De paysans devenus rois!

Vos fils sont dignes de leurs pères !

Nés pour des travaux moins prospères, Ils ont votre noble fierté.

Honneur à ces Gardes-Mobiles

Qui portent, dans des corps débiles, Des cœurs faits pour la liberté !

Leurs bras ont sauvé la patrie ; La France , indignement meurtrie , S'assure au bruit de leurs tambours; Sur leurs habits pleins de poussière L'étoile de l'honneur est fière...

Voilà les enfants des faubourgs!

Des plus nobles vertus Dieu mit en eux le germe. Ouvrez donc une issue aux moissons qi?e renferme Cette race pleine d'espoir ;

Versez à flots sur eux la clarté qui ranime, Il ne faut, pour charmer pe peuple magnanime, Qu'un peu d'amour e{ de savojpf

Donnez ! l'aumône est sainte alors qu'elle est utile; Mais , si vous rencontrez quelque enfant par la ville ,

Chantant et vous tendant la main , Le peu qu'il vous arrache est pfrarité perdue : On ne voit pas germer la graine répandue

Entre les pierres du chemin 1

Repu , mais avili par le sou qu'on lui jette, Il saura que l'aumojne amassée en cachette

Enrichît plus que l'atelier.

Bientôt vous l'entendrez, forçant sa voix plaintive,

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