‹ Poésies (volume 2)Chapitre 66 sur 208 · LES ENFANTS DES FAUBOURGS. 4$S · texte numérisé non relu

LES ENFANTS DES FAUBOURGS. 4$S

Attendrir les passants d'une peine fictive , Quand il devrait être ouvrier.

Et qui sait? quand le mal dans nos âmes se glisse.» On ne s'arrête pas au bord du précipite.

Peut-être sera-t-il tenté ; Fasciné par l'éclat d'une facile proie, Dans le gouffre béant où ta vertu se fiole ,

11 se perdra précipité.

Et pareil au torrent tombé des monts sublime* i Vous le verre» rouler d'abîmes en abîmeg,

Lui qui pouvait monter si haut 1 Déshonoré!... Flétri!,.. Voilons ce tableau sombre, J'aurais peur d'entrevoir le bagne, et, loin dans l'ombre ,

.Les bras sanglants d'un écbafaud!

Cet enfant a du cœur pourtant; son âme est belle ; Je vois dans son regard une vive étincelle ,

De la fierté dans son maintien ; Si l'on développait l'instinct qu'il fait paraître , Il pourrait devenir honnête homme... et peut-être

Serait-il un grand citoyen !

Pour que ce pauvre enfant apprenne un jour à lire, Pour que cet ignorant avide de s'instruire,

Satisfasse à son noble vœu , Pour que , s'illuminent aux feux de la science, 11 sache partager toute son existence

Entre sa patrie et son Dieu ,

Que fàut-il? peu de chose. Apportez donc l'obole. Qui doit communiquer aux pauvres l'auréole

Dont vos enfants sont radieux , Ce rayon du savoir qui rend l'âme meilleure , Plus apte à la vertu , plus insensible au leurre

Des méchants et des envieux.

Ces enfants deviendront concitoyens des vôtres; Le bien fait pour les uns jaillira sur les autres :

C'est la loi de l'humanité !

Donnez ! pour que vos fils , plus heureux que vous-même, N'entendent pas ces pleurs et ces cris d'anathème

Dont votre cœur est attristé.

Donnez, et ces enfants, mieux instruits que leurs pères, Sauront que ce qui rend les destins plus prospères ,

C'est le travail de chaque jour ; Plus aimants , ils seront plus dignes qu'on les aime ; Et de l'égalité l'insoluble problème

Sera résolu par l'amour I

LA

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