‹ Poésies (volume 2)Chapitre 67 sur 208 · A MM. DE METZ ET DE BRETIGNIÉRES · texte numérisé non relu

A MM. DE METZ ET DE BRETIGNIÉRES

FONDATErîRS DE LA COLONIE

Loyauté passe tout.

Devite de Vanneau de Meltray.

La colonie de Mettray recueille les enfants coupables d'une première faute et dont un tribunal a ordonné la détention dans une maison de correction. — • Ces enfants y reçoivent nue éducation religieuse et agricole, qui les met à même de gagner honnêtement leur vie.

Sous un ciel pur, au sein d'un fécond territoire , Tours se baigne et se mire aux ondes de la Loire. Sur les eaux elle jette un pont , solide frein Que ronge incessamment le fleuve souverain.

Lorsque le voyageur a gravi la colline Qui commande la Loire et la cité voisine, n aperçoit de loin des bâtiments nouveaux

Isolés au milieu de fertiles plateaux.

Il s'approche séduit, et de la métairie

Il admire avant tout l'heureuse symétrie.

Bientôt il s'intéresse à ces humbles logis

Couverts d'ardoise bleue et dont les murs blanchis

Voilent leur nudité de pampre et de feuillage.

Est-ce une vaste ferme? Est-ce un petit village?

Cet élégant cldcher qdi s'élartçant aux deux ,

Y conduit à la fois la pensée et les yeux ,

Au regard du passant, jalon sacré, signale,

Un but religieux , une œuvre de morale.

Tout à coup il entend le clairon retentir,

Voit s'ouvrir des maisons et des enfants sortir.

Leur foule en rangs égaux , avec ordre , en silence ,

Bataillon travailleur, se divise , s'avance ,

Obéit à la voix; car les groupes nombreux

Ont des chefs, et ces chefs sont des enfants comme eux.

Sur l'épaule portant ou la pioche, ou la tranche ,

La pelle $ le râteau , le pic à double branche ,

Ils s'éloignent d'un pas égal et régulier,

Chaque escouade suivant un différent sentier.

S'ils croisent en chemin un passant solitaire,

Tous les enfarits lui font lé salut militaire.

Des chaussures de bois protègent leurs pieds hos*

Leurs vêtements pareils sont de grossiers tissus.

Soit que Tété rayonne on que souffle la bise ,

Un berret bleu de laine , une tunique grise ,

Telle est de leurs habits la rude austérité ;

Mais rien ne parait pauvre avec la propreté ,

Et c'est avec plaisir qu'on voit » qu'on examine

Page 1