LA COLONIE DE METTRAY
Vous avez triomphé de vos instincts pervers.
Tout le temps que Mettray vous a servi d'asile
Vous vous êtes montré doux , actif et docile.
Guidé par nos conseils que vous avez suivis,
D'un brave laboureur vous devenez le fils.
C'est de votre vertu l'heureuse conséquence.
Quant à nous , notre joie et notre récompense
Est dans votre bonheur. » — Puis ôtant de son doigt
Un simple anneau d'argent : — a Mon fils, vous avez droit
A l'estime de tous; votre conduite est sage.
De notre affection cette bague est le gage :
Du sentier des vertus ne déviez jamais.
C'est notre croix d'honneur, et je vous la remets. »
A ces mots imprévus , sentant son cœur se fondre ,
Le jeune laboureur ne savait que répondre.
Enfin , des pleurs baignant son visage loyal :
— a Oh 1 tu seras, dit-il , mon anneau nuptial.
Que Dieu , dans ses décrets, ou m'élève ou me brise,
Ma femme à mes enfants transmettra ta devise.
Quant à moi, j'y serai fidèle jusqu'au bout! »
Et sur la bague il lut : Loyauté passe tout.
POÉMF, DÉDIS A M. 1/A-BB& FAUPET