LES PETITES SOEURS DES PAUVRES
Parvenaient à fournir le pain de ces deux vieilles , Que Jeanne abritait sous son toit.
Mais d'autres malheureux réclamaient leurs services ;
Les pauvres étaient leur trésor.
Un vaste asile, ouvert par de longs sacrifices,
Reçut douze infirmes encor.
Le mal, croissant toujours, accroissait leur courage;
Le travail remplissait la nuit.
Inutiles efforts ! D'un jour entier d'ouvrage
Une heure absorbait le, produit.
C'est alors qu'on les vit aller en suppliantes
Chercher l'obole de la faim , Affronter les rebuts et , saintes mendiantes ,
Pour leurs pauvres quêter du pain.
Chacun les accueillit et chpcun, à l'obole, Au don souvent humble en effet ,
Joignit le doux sourire et la douce parole , Qui changent l'aumône en bienfajt.
Le linge encor manquait : — C'est toi , vierge ^îarie ,
Mère du pauvre dans le ciel , C'est toi qu'on implora ! Pour ta fête chérie
Les sœurs dressèrent ton autel,
On tendit pour orner ta modeste chapelle,
Des lambeaux vieux et sans couleurs ;
Et ces habits, qu'usa la misère cruelle, On les sema de blanches fleurs.
Vierge sainte! c'était une leçon austère ,
D'une triste simplicité , Que de voir resplendir ce luxe de la terre
Sur cette humaine pauvreté.
Aussi devant l'autel bien des passants prièrent ;
Tu rendis les cœurs généreux; Devant tant de malheurs bien des yeux se mouillèrent,
Et les présents furent nombreux.
Grâce à toi, Vierge sainte, à Brest, à Tours, à Nantes, Cette institution aux œuvres surprenantes
Partout se propage aujourd'hui.
A ces faibles vieillards , que le tombeau réclame , Outre le pain du corps offrant le pain de l'âme ,
Tu donnes ton sein pour appui.
Qu'est-il besoin d'argent pour fonder les asiles? Ne viens-tu pas toujours, dans les temps difficiles,
Lorsqu'on t'implore avec ferveur?
Ne les conduis-tu pas , par d'admirables voies , Ces humbles sœurs du pauvre , envers qui tu déploies
Tous les trésors de ta faveur?
Quelqu'un leur donne-t-il un terrain pour l'hospice? Elles creusent le sol où sera l'édifice ;