‹ Poésies (volume 2)Chapitre 75 sur 208 · LES PETITES SŒURS DES PAUVRES · texte numérisé non relu

LES PETITES SŒURS DES PAUVRES

Il s'élève, il est habité.

Alors chaque ouvrier refuse son salaire , Et ne veut que l'honneur d'avoir porté sa pierre

Au temple de la Charité.

L'an dernier, sans secours, sans asile, inconnues, Cinq de ces sœurs du pauvre à Paris sont venues ,

N'ayant que Dieu seul pour soutien , Et de tout ce qui souffre amantes indulgentes , Ont recueilli d'abord vingt vieilles indigentes ,

Elles qui ne possèdent rien.

Aujourd'hui par leurs soins, par leur vive tendresse, Soixante-dix vieillards qui mouraient de détresse

Goûtent un paisible destin.

Sous l'aile du Seigneur, en qui le pauvre espère , Tous vivent chaque jour du pain qu'à Notre Père

Nous demandons chaque matin.

Comment? Dieu seul le sait ; car c'est lui qui les mène. Elles vont, confondant toute raison humaine,

Au but dont tout autre eût douté.

Elles n'ont de trésor que la Foi , de ressource Que l'amour du prochain... Oh! remplissez la bourse

Qu'épuisera leur charité !

La sainte Charité , ce germe salutaire Qui grandit dans leurs cœurs comme , en la bonne terre, S'élève un arbre vigoureux

Pour couvrir les humains que dispersa l'orage, Pour verser les parfums , les fleurs , le frais ombrage pt les fruits sur les malheureux.

0 vous tous qui tenez dans vos mains la semence D'où peut à votre gré jaillir cet arbre immense ,

Cet arbre aux rameaux triomphante , Semez pour Tavepir, car Dieu seul est le maître , El tel pense donner au pauvre , qui , peut-être ,

Aura semé pour ses enfants !

Novembre 4849.

21 Mavxt Bttïvtt

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