LES PETITES SŒURS DES PAUVRES
Il s'élève, il est habité.
Alors chaque ouvrier refuse son salaire , Et ne veut que l'honneur d'avoir porté sa pierre
Au temple de la Charité.
L'an dernier, sans secours, sans asile, inconnues, Cinq de ces sœurs du pauvre à Paris sont venues ,
N'ayant que Dieu seul pour soutien , Et de tout ce qui souffre amantes indulgentes , Ont recueilli d'abord vingt vieilles indigentes ,
Elles qui ne possèdent rien.
Aujourd'hui par leurs soins, par leur vive tendresse, Soixante-dix vieillards qui mouraient de détresse
Goûtent un paisible destin.
Sous l'aile du Seigneur, en qui le pauvre espère , Tous vivent chaque jour du pain qu'à Notre Père
Nous demandons chaque matin.
Comment? Dieu seul le sait ; car c'est lui qui les mène. Elles vont, confondant toute raison humaine,
Au but dont tout autre eût douté.
Elles n'ont de trésor que la Foi , de ressource Que l'amour du prochain... Oh! remplissez la bourse
Qu'épuisera leur charité !
La sainte Charité , ce germe salutaire Qui grandit dans leurs cœurs comme , en la bonne terre, S'élève un arbre vigoureux
Pour couvrir les humains que dispersa l'orage, Pour verser les parfums , les fleurs , le frais ombrage pt les fruits sur les malheureux.
0 vous tous qui tenez dans vos mains la semence D'où peut à votre gré jaillir cet arbre immense ,
Cet arbre aux rameaux triomphante , Semez pour Tavepir, car Dieu seul est le maître , El tel pense donner au pauvre , qui , peut-être ,
Aura semé pour ses enfants !
Novembre 4849.
21 Mavxt Bttïvtt