OFFRANDE
A toi , mon unique espérance , A toi , vers qui mon âme incessamment s'élance ,
En son bonheur , en ses revers ;
A toi , dans qui j'ai foi , que j'aime , Comme on aime à genoux le Créateur suprême ,
A toi , l'offrande de mes vers !
Car, si j'ai le cœur d'un poète , Si quelque hymne inspiré , sur ma lyre inquiète ,
Vibre , meurt et renaît vingt fois ;
Ton âme frémit dans la mienne ; Je suis l'écho lointain , la harpe éolienne
Où résonne ta douce voix.
En toi seule est ma poésie ; Ton regard est pour moi la coupe d'ambroisie ;
Ton amour, la source où je bois.
A toi donc , ô ma bien-aimée !
A toi , si , par instants , mes hymnes t'ont charmée,
Les chants qu'à toi seule je dois !