‹ Poésies (volume 2)Chapitre 9 sur 208 · AVE, MARIA · texte numérisé non relu

AVE, MARIA

Les étoiles n'ont plus qu'une flamme épuisée ; Au bord de l'horizon une lueur rosée Découpe la colline obscure et sans couleurs; Un voile de brouillard , aussi blanc que la neige , Sur l'ombre du vallon , se répand et protège Dans leur sommeil les humains et les fleurs.

Une feuille s'entr'ouvre , une branche crépite, Un oiseau pousse un cri dans l'herbe qui s'agite, Et du clocher lointain sort un son triste et doux. C'est la cloche qui dit, en tintant dans l'espace : Salut à vous, Marie , à vous pleine de grâce, L'esprit de Dieu s'est reposé sur vous!

La lumière céleste à l'orient s'augmente , La brume dans les champs se disperse fumante, Dans un demi-sommeil le vallon va nageant ; Et partout reverdit, présage d'abondance , Cette herbe où la rosée en tombant se condense , Comme un réseau de perles et d'argent.

La nature est semblable à vous , vierge Marie; Le printemps est son fils qu'avec idolâtrie , Elle berce en riant sur son sein rajeuni. Protégez donc ses fleurs, sa verdure, ses flammes; Car vous êtes bénie entre toutes les femmes , Et J ésus- Christ , votre enfant, est béni.

Vierge! vous l'écoutez ce monde qui s'incline, La gloire du soleil jaillit de la colline , Et soudain mille oiseaux poussent un cri d'amour ; La cloche tinte encor ; le vent dans les ramures Disperse la rosée avec de gais murmures , L'hymne du monde a salué le jour.

•le vous implore aussi ; mon œil aux cieux s'élève; Les astres avec l'ombre ont fui comme un vain rêve. Heureux qui dans vos bras se réveille et s'endort : Sainte mère de Dieu , pour nous dont la voix crie , Pour nous , pauvres pécheurs, priez , vierge Marie % Et maintenant et le jour de la mort !

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