SIMPLICITÉ
A MARIE DÉSIRÉE
Quand je vous dis que vous êtes charmante , Vous semblez rire et douter de ma foi ; Pourtant ma voix est vraie autant qu'aimante , Et c'est mon cœur qui le dit avant moi.
Vous n'êtes point de ces beautés coquettes A qui le temps prendra tous leurs appas , Qui passeront ainsi que leurs toilettes : On les admire , on ne les aime pas.
Vous n'êtes point comme ces fleurs pompeuses Dont la fierté semble insulter chacun , Qui lèvent haut leurs têtes orgueilleuses , Riches d'éclat et pauvres de parfum.
Vous imitez l'aimable violette
Qui sous sa feuille aime à se retirer ;
Mais que Ton cherche en sou humble cachette Et dont l'odeur est douce à respirer.
Il est en vous une grâce modeste, Charme caché qu'on trouve avec bonheur.
Je ne sais quoi de simple et de céleste , Comme un parfum qui s'élève du cœur.
C'est pour cela qu'à jamais je vous aime , Que ma pensée en tout lieu suit vos pas ; Et , dites-moi , vous , mon espoir suprême , Pour tant d'amour ne m'aimerez-vous pas?