‹ Poésies (volume 2)Chapitre 91 sur 208 · SIMPLICITÉ · texte numérisé non relu

SIMPLICITÉ

A MARIE DÉSIRÉE

Quand je vous dis que vous êtes charmante , Vous semblez rire et douter de ma foi ; Pourtant ma voix est vraie autant qu'aimante , Et c'est mon cœur qui le dit avant moi.

Vous n'êtes point de ces beautés coquettes A qui le temps prendra tous leurs appas , Qui passeront ainsi que leurs toilettes : On les admire , on ne les aime pas.

Vous n'êtes point comme ces fleurs pompeuses Dont la fierté semble insulter chacun , Qui lèvent haut leurs têtes orgueilleuses , Riches d'éclat et pauvres de parfum.

Vous imitez l'aimable violette

Qui sous sa feuille aime à se retirer ;

Mais que Ton cherche en sou humble cachette Et dont l'odeur est douce à respirer.

Il est en vous une grâce modeste, Charme caché qu'on trouve avec bonheur.

Je ne sais quoi de simple et de céleste , Comme un parfum qui s'élève du cœur.

C'est pour cela qu'à jamais je vous aime , Que ma pensée en tout lieu suit vos pas ; Et , dites-moi , vous , mon espoir suprême , Pour tant d'amour ne m'aimerez-vous pas?

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