‹ Poésies (volume 2)Chapitre 92 sur 208 · COURONNEE PAR L'ACÀ DEMIE DES JEUX FLORAUX · texte numérisé non relu

COURONNEE PAR L'ACÀ DEMIE DES JEUX FLORAUX

Sur le bord de la route il est une chaumine Qu'entoure un enclos vert , qu'un cerisier domine ,

Couvert de fruits rougis; Son faîte est couronné de ces fleurs , de ces lierres Dont le printemps se plaît à parer les chaumières

Et les pauvres logis.

Lors du dernier avril, au temps des pâquerettes, Quand les mouches sur l'herbe aux mobiles aigrettes

S'ébattent par milliers , Sous ce toit demeurait une enfant du village , Plus fraîche que les fleurs, plus vive et plus volage

Que l'oiseau des halliers.

Comme elle était alors séduisante et jolie ! Que de grâce , d'amour et de mélancolie

Dans ses deux grands yeux bleus !

Moins douce est la lueur des lampes solitaires Qui répandent dans l'ombre au fond des sanctuaires ,

Un rayon nébuleux.

Avec ses dents de nacre , avec son teint de pêche , Comme elle souriait , dans sa toilette fraîche

Négligée à dessein !

Combien la regarder était charmante chose , Et combien elle était plus rose que la rose

Attachée à son sein !

On là voyait joyeuse à la fenêtre ouverte , Sur le banc de la porte , ou sous la treille verte

Travailler et chanter.

Quand par un beau matin on côtoyait la haie , Devant tant de candeur et tant de gatté vraie,

Il fallait s'arrêter!

Et l'écho redisait son chant souple et facile, Et le passant restait sur la route , immobile ,

Son bâton sur le sol, Ne sachant si la voix qu'il écoutait de l'âme Était en vérité la chanson d'une femme

Ou bien d'un rossignol.

Tandis qu'il demeurait arrêté , la folâtre Dans le feuillage épais , à son œil idolâtre

Se cachait avec soin , Puis se taisait et puis, tout à coup, sous la vigne ,

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