COURONNEE PAR L'ACÀ DEMIE DES JEUX FLORAUX
Sur le bord de la route il est une chaumine Qu'entoure un enclos vert , qu'un cerisier domine ,
Couvert de fruits rougis; Son faîte est couronné de ces fleurs , de ces lierres Dont le printemps se plaît à parer les chaumières
Et les pauvres logis.
Lors du dernier avril, au temps des pâquerettes, Quand les mouches sur l'herbe aux mobiles aigrettes
S'ébattent par milliers , Sous ce toit demeurait une enfant du village , Plus fraîche que les fleurs, plus vive et plus volage
Que l'oiseau des halliers.
Comme elle était alors séduisante et jolie ! Que de grâce , d'amour et de mélancolie
Dans ses deux grands yeux bleus !
Moins douce est la lueur des lampes solitaires Qui répandent dans l'ombre au fond des sanctuaires ,
Un rayon nébuleux.
Avec ses dents de nacre , avec son teint de pêche , Comme elle souriait , dans sa toilette fraîche
Négligée à dessein !
Combien la regarder était charmante chose , Et combien elle était plus rose que la rose
Attachée à son sein !
On là voyait joyeuse à la fenêtre ouverte , Sur le banc de la porte , ou sous la treille verte
Travailler et chanter.
Quand par un beau matin on côtoyait la haie , Devant tant de candeur et tant de gatté vraie,
Il fallait s'arrêter!
Et l'écho redisait son chant souple et facile, Et le passant restait sur la route , immobile ,
Son bâton sur le sol, Ne sachant si la voix qu'il écoutait de l'âme Était en vérité la chanson d'une femme
Ou bien d'un rossignol.
Tandis qu'il demeurait arrêté , la folâtre Dans le feuillage épais , à son œil idolâtre
Se cachait avec soin , Puis se taisait et puis, tout à coup, sous la vigne ,