‹ Poésies (volume 2)Chapitre 98 sur 208 · MÉLANCOLIE · texte numérisé non relu

MÉLANCOLIE

SONNET

Ses grands yeux noirs, pensifs et veloutés , Nagent baignés dans un brillant fluide ; Et la lumière y pose un point humide , Un diamant aux tremblantes clartés.

Mais son sourire a de tristes beautés , Sa gaité voile une douleur timide ; L'âme que Dieu mit dans ce corps splendide Porte le deuil des cieux qu'elle a quittés.

Prêtez l'oreille à sa voix musicale :

C'est une harpe aux chants mélodieux , Mais dont toujours un son plaintif s'exhale.

Quel deuil secret rend ce cœur soucieux? Dieu seul connaît cette énigme fatale : Vivre est un mal dont on guérit aux cieux !

9 décembre 1851.

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