‹ Poésies (volume 3)Chapitre 44 sur 78 · CHANSON BRETONNE · texte numérisé non relu

CHANSON BRETONNE

Il était une blonde fille, Que j'aimais, que j'aime toujours; Margaite à l'œil bleu qui brille, Margaïte était mes amours.

Mais quand je lui dis ma tristesse, Elle sourit d'un air moqueur :

La jeune fille me délaisse.

Hélas! hélas! mon pauvre cœur!

Gai printemps, ta fraîcheur nouvelle Verdit la terre et les rameaux.

J'ai grand deuil, quand la tourterelle Roucoule ses amours nouveaux :

Blanche tourterelle amoureuse, Ton doux ami t'aime sans peur.

Pour vous que la vie est heureuse !

Hélas! hélas! mon pauvre cœur!

f>4 SONNETS ET FANTAISIES

Blonde entant, lorsqu'on la prairie Je serai seul, si tu me vois, Ne va pas chantant , je t'en prie :

J'ai trop peur de ta douce voix.

Oh! combien j'aimais à l'entendre Quand j'avais l'espoir du bonheur. Oh! qu'elle était suave et tendre!

Hélas! hélas! mon pauvre cœur!

C'en est fait de moi, je succombe; Voici bientôt venir le jour Où l'on dira : — « Sous cette tombe Est un jeune homme mort d'amour. »

Alors, à genoux sur ma pierre, Viendras-tu plaindre mon malheur Et me donner une prière?

Hélas! hélas! mon pauvre cœur!

Dans le bois passait Margaïte , Qui s'écria : — « Dis-moi pourquoi Ton cœur tremble et ta langue hésite, Quand tu veux me parler, à moi ? »

Elle fuit et, pour qu'on la voie, Se tourne encor d'un air vainqueur.

J'en ai failli mourir de joie.

Hélas ! hélas ! mon pauvre cœur !

Page 1