DE CHRISTOPHE COLOMB
Ils voguaient sur la mer immense, Où toujours fuyait l'horizon !
Colomb attendait en silence; Mais ils doutaient de sa raison.
Us voguaient ! mais aucun présage N'annonçait de prochains climats, Quand trois oiseaux, las du voyage, Vinrent s'abattre sur les mâts.
Doux messagers de bienvenue, Les oiseaux bleus de l'équateur Promettaient la rive inconnue A l'immortel navigateur.
Les marins, outrés de furie, Dévouant Colomb au trépas , S'écriaient : — « Rends-nous la patrie! Ton monde promis ne vient pas. » Colomb, dédaignant leur colère, Aux oiseaux émiettait son pain; Aux mutins il disait : — « La Terre!
Je la tiens ! vous l'aurez demain !
i Ecoutez! c'est la bienvenue Que les oiseaux de l'équateur, Venant delà rive inconnue, Font entendre au navigateur. »
Dès le lendemain la vigie
Criait : — « Terre ! » Et les matelots
Acclamaient Haïti surgie,
Comme une Heur, du sein des Hots.
Aux cris d'une joie unanime
Les oiseaux mêlant leur concert,
Célébraient le vainqueur sublime
Du nouveau monde découvert.
Volez de la rive inconnue, Beaux oiseaux bleus de l'équateur; Venez chanter la bienvenue A l'immortel navigateur.