‹ Poésies (volume 3)Chapitre 55 sur 78 · LA DORMEUSE · texte numérisé non relu

LA DORMEUSE

Par ces longs jours où, pleins de flamme, Les cieuX brûlent sous le soleil, Quoi de plus charmant qu'une femme, Qui lentement cède au sommeil!

Son front indolemment se penche, Puis se relève avec effort, Puis, se posant sur sa main blanche, S'arrête... silence!... elle dort!

Ecoutez! son beau sein palpite, D'un souffle calme, égal et pur, Comme un oiseau léger, qui gîte En son nid, sous le ciel d'azur.

Quand elle ouvre ses grands yeux sombres, Le regard se trouble, arrêté Devant ces deux gouffres pleins d'ombres Et d'où jaillit tant de clarté.

Page 1