‹ Poésies (volume 3)Chapitre 76 sur 78 · DEDICACE · texte numérisé non relu

DEDICACE

Ami, depuis le temps que nous nous connaissons , Bien des fois en leur ronde ont tourné les saisons. Mais plus nous avançons au cours de l'existence , Plus les chers souvenirs contemplés à distance, Tels que les horizons noyés dans le lointain , Nous semblent rayonner aux splendeurs du matin; Soit que l'œil nous abuse ou que l'esprit nous trompe.

Une brume d'azur les baigne et les estompe ; Si les détails perdus s'effacent, les contours Vont s'idéalisant et se dorant toujours : Ils gagnent en douceur ce qu'ils perdent en force; Nous vivons captivés par leur charmante amorce, Et, quand nos mains alors se rencontrent , nos yeux Sentent monter des pleurs doux et silencieux. Que l'amitié d'enfance est pleine d'harmonies ! Qu'elle a de longs échos, de grâces infinies! En vain l'exil, l'espace et le temps couleront, Ce que nos cœurs ont dit, toujours ils le diront.

Vous la CTOye\ muette et dans la mort couchée?

C'est la lyre qui dort Sitôt qu'elle est touchée ,

Les accords assoupis s'éveillent , et les voix Chantent à l'unisson la chanson d'autrefois.

Prosper Blanchemain.

Vichy, Août 1871.

UNE ODELETTE DE RONSARD ou

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