LA CHANSON QUE J'AIME
Lucretia Dadvidson écrivit ces vers à i5 ans; elle en avait 17 quand elle mourut. Sa chanson préférée était l'Adieu à la harpe, de Thomas Moore.
Quand le voile du soir, tombant autour de nous, Couvre les cieux et les prairies; Quand nul bruit n'interrompt ce repos triste et doux Et ne trouble nos rêveries,
Quand le flambeau des nuits est pur et glisse au loin
Les réseaux blancs de sa lumière; Quand ce calme sommeil dont le monde a besoin
Plane sur la nature entière;
Quand mon âme est plus libre et monte avec douceur Loin du monde et loin de moi-même;
Prends ta harpe éloquente et chante-moi, ma sœur, Chante-moi la chanson que j'aime !
Chanson qui fait vibrer les fibres de mon cœur Ainsi que la harpe sonore,
O pleurs harmonieux! ô céleste langueur! Chante, ma sœur, ô chante encore!
Sacrilège celui qui chanterait le jour Cette hymne suave et sereine,
Qu'un ange sur son aile apporte avec amour Et parfume de son haleine.
Ma sœur, si tu survis pour me voir sommeiller Dans le champ du repos suprême,
N'y reviendras-tù pas , le soir, t'agenouiller, Et chanter la chanson que j'aime r
tM/3