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AUTOMNE

Adieu, riantes matinées De tant de splendeur couronnées, Chants d'oiseaux si doux au réveil; Adieu! — L'aurore taciturne Se voile du brouillard nocturne; Le matin n'a plus de soleil.

Tout est sombre et mort dans l'espace, Il pleut! Un corbeau crie et passe, A travers les bois dépouillés; Puis le vent froid, dans les ramures, Avec de gémissants murmures, Sème les feuillages rouilles.

Mais voici que, perçant la brume,

Un rayon fugitif rallume

De plus éclatantes couleurs;

Sur les branches où l'eau scintille,

Jette des diamants, et brille,

Comme un sourire dans les pleurs.

Soudain Therbe au soleil rayonne, Les arbres, jaunis par l'automne, Semblent vêtus de pourpre et d'or; Mille oiseaux gazouillants s'élancent, Et, dans l'air épuré, balancent Leurs ailes humides encor.

Partout, des toiles d'araignées, De pluie et de brouillard baignées, Tremblent sur les buissons mouvants; Leurs dentelles, d'argent filées, Resplendissent tout emperlées, A la moindre haleine des vents.

Sur le ruisseau, qui le reflète, Le rayon glisse et se projette, A travers les grands peupliers; Dans sa lumière qui poudroie, Un flot de moucherons tournoie, Volant et dansant par milliers.

Mais tout, bientôt, se décolore,

L'hiver plus affamé dévore

De nos champs les trésors jaunis,

Dans le bois la vie est éteinte,

Les oiseaux n'ont plus qu'une plainte,

Pour pleurer leurs amours finis.

Chaque fois que leurs plumes blanches Effleurent, en passant, les branches,

Quelque feuille en tombe toujours; Chaque feuille morte, avec elle, Emporte, parcelle à parcelle, Leur allégresse et les beaux jours.

Ainsi de nous : lorsque notre âme

A vu se refroidir sa flamme,

Se voiler son ciel irisé;

Quand notre plus intime fibre

Au vent des douleurs tremble et vibre ,

Comme un luth à demi brisé,

Si quelque rayon d'espérance De notre profonde souffrance Perce, un moment, l'obscurité, Soudain, tout s'anime, tout aime, Et tout s'illumine, en nous-même, De vie et de sérénité!

Mais, bientôt, la douleur plus sombre

Epaissit la tristesse et l'ombre,

Sur notre cœur plus abattu.

Le rayon meurt, la feuille tombe;

C'était le ciel, et c'est la tombe :

Bonheur qui fuis, où t'en vas-tu :

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