‹ PoésiesChapitre 50 sur 64 · CREPUSCULE · texte numérisé non relu

CREPUSCULE

joici l'heure où le soir commence.

■Au loin, dans la valle'e immense,

Tout est ombre, silence, amour.

La brise fraîche et fre'missante Court en frisson sur chaque plante :

C'est le dernier soupir du jour.

Puis l'horizon lointain s'efface,

Et l'ombre gigantesque embrasse

Les espaces silencieux.

La nuit, l'une après l'autre, sème

Les perles de son diadème,

Sur le manteau d'azur des cieux.

Que songer est doux à cette heure!

Aucun soupir du vent n'effleure L'herbe qui croît dans les sillons; La fleur s'endort sous l'ombre douce, Et l'on entendrait dans la mousse Respirer l'oiseau des vallons.

l32 FLEURS DE FRANCE

Le calme des heures nocturnes Nous laisse, en nos cœurs taciturnes, Revoir nos beaux jours révolus ; Et dans nos lentes rêveries Surgissent les formes chéries De ceux qui ne reviendront plus.

Page 1