‹ PoésiesChapitre 7 sur 64 · ABBÉ DE LA TRAPPE DE FONTGOMBAULT · texte numérisé non relu

ABBÉ DE LA TRAPPE DE FONTGOMBAULT

Un grand Christ aux bras étendus Tendre ami, protecteur sévère, Domine les rochers ardus Dont vous avez fait un Calvaire.

Dans le corps du saint Crucifix Un essaim d'abeilles pullule.

Ainsi, père, votre cellule Est dans le corps du divin fils.

Sur toutes les fleurs de la terre Les mouches blondes font leur miel.

Le miel de votre vie austère N'est point ici-bas, mais au ciel.

Travaillez, ô pieuse abeille!

D'un dur labeur le prix est doux :

Et quelquefois, dans votre veille, Vous qui priez, priez pour nous!

Septembre 1869.

EXCELSIUS

Mon âme se rappelle ou pressent, comme en rêve, Un bonheur inconnu qui la peut seul charmer. La terre est trop petite, et la vie est trop brève, Pour le désir de vivre et pour la soif d'aimer.

L'avais-je déjà vue ailleurs qu'en cette vie? Le jour où je l'aimai, je crus me souvenir; Et, pour l'aimer assez, au gré de mon envie, Il ne me suffit pas du terrestre avenir.

N'entends-je pas en moi je ne sais quelle plainte, Rumeur d'un autre monde avec douleur quitté, Ressouvenir confus d'une existence éteinte, Qui se mêle au désir de l'immortalité?

Ailleurs est la patrie; ailleurs est le rivage, D'où nous sommes partis, où nous retournerons. La terre n'est qu'un lieu d'épreuve et de passage : Nous rentrons dans la vie à l'heure où nous mourons.

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