TOUSSAINT
XYII
Ces vrais vivants qui sont les saints, Et les vrais morts qui seront nous, C'est notre double fête à tous, Comme la fleur de nos desseins.
Comme le drapeau symbolique Que l'ouvrier plante gaîment Au faite neuf du bâtiment, Mais, au lieu de pierre et de brique,
C'est de notre chair qu'il s'agit, Et de notre âme en ce nôtre œuvre Qui, narguant la vieille couleuvre, A force de travaux surgit.
Notre Ame et notre chair domptées
l*ar la truelle et le ciment
Du patient renoncement
Et (les heures dûment comptées.
Mais il est des î\mcs encor, 11 est des chairs encore comme En chanlier, qu'à tort on dénomme Les morts, puis(iu'ils vivent, trésor
Au repos, mais que nos prières Seulement peuvent monnayer Pour, l'architecte, l'employer Aux grandes dépenses dernières.
Prions, entre les morts, pour maints De la terre et du Purgatoire, Prions de façon méritoire Ceux de là-haut qui sont les sainte.
Ix\ INITIO
Chez mes pays, qui sont rustiques.
Dans tel cas simplement pieux, Voire un peu superstitieux, Entre autres pratiques antiques,
Sur la tête du paysan, Rite profond, vaste symbole.
Le prêtre, étendant son étole, Dit l'évangile de saint Jean :
(( Au commencement était le Verbe « Et le Verbe était en Dieu, « Et le Verbe était Dieu. »
Ainsi va le texte superbe,
S'i''panchant en omles de claire Vérité sur riiiiniaiiic t'rreur, Lavant riniinondice et riiorrenr, Kt la luxnre et la colère,
Et les sept pécliés. et d'iiii fliiv Tont pdifunu* d'odrurs divines, H;ifraicliissant jnstpi'anx racines L'arbre du bien, sec et perclus,
Et déracinant sous sa force L'arbre du mal et du nialbeur Naguère tout en sève, en fleur, En fruit, du feuilbige à l'écorce.
0 Jean, le plus grand, après l'autre Jean, le Haptiste, des grands saints, Priez pour moi le Sein des seins Où vous dormiez, étant apôtre !
U, comme pt)ur le paysan, Sur ma tète frivole et folle.
Bon prêtre étendant ton élole, Dis l'évangile de saint Jean.