‹ Poésies (volume 2)Chapitre 73 sur 102 · SCE-'K.E XII GÉRONTE, FRONTIN · texte numérisé non relu

SCE-'K.E XII GÉRONTE, FRONTIN

FRONTIN

Grâce à votre chapeau, triomphant et vainqueur. Vous lirez votre nom dans ce cher petit cœur.

GÉRONTE

Je tremble d'y trouver Valère en toutes lettres !

Les femmes n'aiment pas ces frêles petits-maîtres. Mais les voici... Mettez vite votre chapeau.

SCE'K.E XIII Les Mêmes, INEZ, MARINETTE.

MARINETTE, à Inei.

Faisons deux ou trois tours dehors. Il fait si beau!

INEZ

Je le veux bien ; je sors si rarement !

MARINETTE

Valère Est peut-être par là.

INEZ

Lui ! s'il voulait me plaire, Il devrait bien cesser ses importunités; Il est, pour ses soupirs, assez d'autres beautés.

MARINETTE

J'avais jusqu'à présent pensé, mademoiselle, Que vous récompensiez son feu d'une étincelle.

Je faisais à ses soins un accueil assez doux. Faut-il se gendarmer et se mettre en courroux Pour les efforts que fait à nous être agréable Un jeune homme galant et de figure aimable?

GÉRONTE, à lui-même.

Certainement.

FRONTIN, has.

Monsieur, ne criez pas si fort.

INEZ

11 me plaisait assez.

GÉRONTE, à Frontin.

Soutiens-moi, je suis mort!

INEZ

Mais, depuis, j'ai bien vu que ses galanteries N'étaient que faux semblants et pures tromperies.

GÉRONTE, à part.

Je renais !

INEZ

J'ai compris, en le connaissant mieux.

Que c'était à mon bien qu'il faisait les doux yeux.

FRONTIN, has, à Gérante.

Que vous avais-je dit?

MARI NETTE

Fi 1 l'âme intéressée !

Et vers un autre amour j'ai tourné ma pensée. Un homme...

FRONT IN, de même.

Écoutez bien.

J'écoute.

INEZ

D'âge mur...

FRONTIN

C'est vous.

GÉRONTE

Tais-toi !

INEZ

Brûlait pour moi d'un feu plus pur.

MARINETTE

Son nom ?

INEZ

Je n'ose pas...

GÉRONTE

Le cramoisi me monte A la figure !

MARINETTE

Allons !

GÉRONTE

Je frissonne !

INEZ

GÉRONTE

Je suis aa paradis ! aux anges !

FRONTIN

Est-ce clair?

Cent écus... Trouvez-vous que mon chapeau soit cher?

GÉRONTE

Frontin ! mon seul ami 1

FRONTIN, à part.

Je vais dire à mon maître Que pour jouer son rôle il est temps de paraître.

INEZ

Géronte, mon tuteur, qui sera mon mari,

Et qui, seul, maintenant règne en mon cœur guéri.

GÉRONTE

Pauvre petit bouchon, va 1

MARINETTE

La chose est certaine, On ne sait pas aimer avant la soixantaine. Où l'aurait-on appris ? au collège ?

Bien dit, Ma fille 1... Qjai vient là ? C'est Valère ! Ah 1 bandit 1

Calmez-vous !

GÉRONTE

Mais il va parler à ma pupille !

FRONTIN

Eh bien?

GÉRONTE

Comment ! eh bien ? Tu m'échauffes la bile 1

FRONTIN

Vous parlez en tuteur, et vous êtes l'amant ; Les rôles sont changés !

SCÈT^E XIV Les Mêmes, VALÉRE.

INEZ

Valère, en ce moment,

Ici?

VALÈRE, feignant de ne pas voir Géronte pendanl toute la scène.

Rassurez-vous; je ne suis plus le même; Je ne viens pas vous dire, Inez, que je vous aime 1 Mon cœur est revenu de ces frivolités.

INEZ

En me parlant ainsi, monsieur, vous m'enchantez.

VALÈRE

Je ne veux pas lutter contre un oncle adorable...

INEZ

Adoré !

FRONTIN, Il Géivnle.

Vous voyez !

VALÈRE

Mille fois préférable A son neveu...

GÉRONTE

C'est vrai.

VALÈRE

Qui n'a que ses vingt ans. . .

MARINETTE

Mérite qui décroît et passe avec le temps.

GÉRONTE, à Frontin.

Cette fille a du sens.

FRONTIN, à Gérante.

Continuons l'épreuve.

VALÈRE

Vous épousez Géronte 1

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