‹ Poésies (volume 3)Chapitre 117 sur 140 · MONTEE SUR LE BROCKEN · texte numérisé non relu

MONTEE SUR LE BROCKEN

La neige cependant descend silencieuse,

Et, sous ses fils d'argent, la lune soucieuse

Apparaît à côté d'un soleil sans raj'ons;

Le ciel est tout rayé de ses pâles sillons,

Et la Mort, dans ses doigts tordant ce fil qui tombe,

Vous tisse un blanc linceul pour votre froide tombe.

LE T%EMIETl X^YO'K. T>E DvC^I

HIER j'étais à table avec ma chère belle. Ses deux pieds sur les miens, assis en face d'elle, Dans sa petite chambre, ainsi que dans leur nid Deux ramiers bienheureux que le bon Dieu bénit. C'était un bruit charmant de verres, de fourchettes, Comme des becs d'oiseau picotant les assiettes, De sonores baisers et de propos joyeux. L'enfant, pour être à l'aise et régaler mes yeux, Avait ouvert sa robe, et sous la toile fine On voyait les trésors de sa blanche poitrine; Comme les seins d'Isis aux contours ronds et purs. Ses beaux seins se dressaient, étincelants et durs, Et, comme sur des fleurs des abeilles posées, Sur leurs pointes tremblaient des lumières rosées. Un rayon de soleil, le premier du printemps. Dorait, sur son col brun, de reflets éclatants Quelques cheveux follets, et, de mille paillettes D'un verre de cristal allumant les facettes, Enchâssait un rubis dans la pourpre du vin. Oh ! le charmant repas ! oh ! le rayon divin ! Avec un sentiment de joie et de bien-être Je regardais l'entant, le verre et la fenêtre;

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