‹ Poésies (volume 3)Chapitre 38 sur 140 · V. CATULLUS · texte numérisé non relu

V. CATULLUS

Ne pleure pas. . .

E tes longs cils de jais que ta main blanche essuie, Comme des gouttes d'eau d'un arbre après la pluie, Ou comme la rosée, au point du jour, des fleurs Qu'un pied inattentif froisse, j'ai vu des pleurs Tomber et ruisseler en perles sur ta joue ; En vain de la gaîté l'éclair à présent joue Dans tes yeux bruns, en vain ta bouche me sourit, D'inquiètes terreurs agitent mon esprit.

Qu'avais-tu, Maria, toi, rieuse et folâtre, Toi, de plaisirs bruyants et de danse idolâtre, Le soir, quand le soleil incline à l'horizon, La première à fouler l'émail vert du gazon, La première à poursuivre en sa rapide course La demoiselle bleue aux bords frais de la source, A chanter des chansons, à reprendre un refrain? Toi qui n'as jamais su ce qu'était un chagrin, A l'écart tu pleurais. Réponds-moi ! quel orage Avait terni l'éclat de ton ciel sans nuage?

Ton passereau chéri bat de l'aile, joyeux. Les barreaux de sa cage, et sur son lit soyeux Ton jeune épagneul dort, tout va bien, et tes roses Répandent leurs parfums, heureusement écloses. Q.a'avais-tu donc, enfant? quel malheur imprévu Te faisait triste? — Hier je ne t'avais pas vu.

Les parfums les plus doux et les plus belles fleurs Perdoient en un instant leurs charmantes odeurs; Tous ces mets savoureux dont je chargeois ma table Ne m'ont jamais offert qu'un plaisir peu durable, Oublié le jour même et suivi de regrets. Mais de ces jours heureux, Xanthus, et de ces veilles Où de savans discours ont charmé mes oreilles, Il m'en reste des fruits qui ne mourront jamais.

CALLlMAauE, traduction de La Porte Duteil. Vous voyez bien que j'ai mille choses à dire. Hernaui,

NE t'en va pas, Eugène, il n'est pas tard, la lune A l'angle du carreau, sur l'atmosphère brune, N'a pas encor paru : nous causerons un peu, Car causer est bien doux le soir, auprès du feu. Lorsque tout est tranquille et qu'on entend à peine Entre les arbres nus glisser la froide haleine De la brise nocturne, et la chauve-souris En tournoyant dans l'air pousser de faibles cris. Reste : nous causerons de quelque jeune fille, Dont la lèvre sourit, dont la prunelle brille. Et que nous avons vue, en promenant un jour, Passer devant nos yeux comme un ange d'amour; De nos auteurs chéris, Victor et Sainte-Beuve, Aigles audacieux, qui d'une route neuve

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