‹ Poésies (volume 3)Chapitre 91 sur 140 · PRÈS LE BAL · texte numérisé non relu

PRÈS LE BAL

Et je sens sur ma bouche une amoureuse haleine Passer et repasser comme une aile d'oiseau, Plus suave en odeur que n'est la marjolaine Ou le muguet des bois au temps du renouveau.

O nuit! aimable nuit! sœur de Luna la blonde, Je ne veux plus servir qu'une déesse au ciel, Endormeuse des maux et des soucis du monde ; J'apporte à ta chapelle un pavot et du miel.

Nuit, mère des festins, mère de l'allégresse. Toi qui prêtes le pan de ton voile a l'Amour, Fais-moi, sous ton manteau, voir encor ma maîtresse, Et je brise l'autel d'Apollo dieu du jour.

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LE jour tombait, une pâle nuée Du haut du ciel laissait nonchalamment, Dans l'eau du fleuve à peine remuée, Tremper les plis de son blanc vêtement.

La nuit parut, la nuit morne et sereine, Portant le deuil de son frère le jour. Et chaque étoile à son trône de reine, En habits d'or, s'en vint faire sa cour.

On entendait pleurer les tourterelles Et les enfants rêver dans leurs berceaux ; C'était dans l'air comme un frôlement d'ailes, Comme le bruit d'invisibles oiseaux.

Le ciel parlait à voix basse à la terre;

Comme au vieux temps, ils parlaient en hébreu.

Et répétaient un acte de mystère;

Je n'y compris qu'un seul mot, c'était : Dieu.

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