‹ PoésiesChapitre 128 sur 145 · LA R E I X E · texte numérisé non relu

LA R E I X E

LE matin s'est levé qui borne mon empire; Mes sœurs, c'est aujourd'hui que mon pouvoir expire, Ma couronne s'éteint et mon front s'est voilé... Élisez une reine au royaume étoile !

O toi qui vas quitter le trône de lumière

Où ton pied pose encor sur la marche première,

Avant de redescendre avec tes seuls rayons

Aux cieux intérieurs où nous nous asseyons.

Dis-nous, dis-nous le sort d'une amie éclipsée

Que nous avons pleurée en larmes de rosée

Et dont nulle de nous, lorsque la terre dort,

N'a vu, depuis seize ans, s'entr'ouvrir les yeux d'or.

288 POÉSIES NOUVtLLl-S

Vous l'iUoz la revoir, cette sœur regrettée; Du fond de l'infini par la route lactée Elle arrive, et son front que l'exil a fait pur Va d'un éclat plus vif scintiller dans l'azur; Son repentir me touche, et ma rifjueur se lasse;

A Vénus qui paraît.

Pauvre Etoile punie, enfin reprends ta place! Le pardon doit toujours suivre le châtiment. Mêle à tes noirs cheveux les fleurs du diamant; Comme autrefois là-haut je te permets de luire, Vénus, et je te donne une sphère à conduire.

Aux litoilcs.

Maintenant, regagnez vos constellations, Vous toutes, et pensez à nos élections.

La Reine disparaîl arec la plupart des Etoile

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