A LA B I D A S S O A
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AI.i Bid.isso;!, près d'entrer en Espagne, Je descendis, voulant regarder la campagne. Et l'île des Faisans, et l'étrange horizon, Pendant qu'on nous timbrait d'un nouvel écusson. Et je vis, en errant à travers le village, Un homme qui mettait des balles hors d'usage. Avec un gros marteau, sur un quartier de grès. Pour en faire du plomb et le revendre après. Car la guerre a versé sur ces terres fatales De son urne d'airain une grêle de balles, Une grêle de mort que nul soleil ne fond. Hélas ! ce que Dieu fait, les hommes le défont ! Sur un sol qui n'attend qu'une bonne semaille De leurs sanglantes mains ils sèment la mitraille ! Aussi les laboureurs vendent, au lieu de blé. Des boulets recueillis dans leur champ constellé. Mais du ciel épuré descend la Paix sereine, Q.ui répand de sa corne une meilleure graine. Fait taire les canons à ses pieds accroupis Et presse sur son cœur une gerbe d'épis.
Béhobit:, 1840.
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Burgos, dans un coin de l'église déserte, Un tableau nie surprit par son effet puissant : Un ange, pâle et fier, d'un ciel fauve descend, A sainte Casilda portant la palme verte.
Pour l'œuvre des bourreaux la vierge découverte Montre sur sa poitrine, albâtre éblouissant, A la place des seins, deux ronds couleur de sang, Distillant un rubis par chaque veine ouverte.
Et les seins déjà morts, beaux lis coupés en fleur, Blancs comme les morceaux d'une Vénus de marbre, Dans un bassin d'argent gisent au pied d'un arbre.
Mais la sainte en extase, oubliant sa douleur. Comme aux bras d'un amant, de volupté se pâme, Car aux lèvres du Christ elle suspend son âme !
Burgrs.