EX ALLANT A LA CHARTREUSE DE MIRAFLORES
En. aiL^i'H.T
CH^iTiT TUEUSE T>E D^C m^i F LO%E S
OUI, c'est une montée âpre, longue et poudreuse. Un revers décharné, vrai site de chartreuse. Les pierres du chemin, qui croulent sous les pieds, Trompent à chaque instant les pas mal appuyés. Pas un brin d'herbe vert, pas une teinte fraîche ; On ne voit que des murs b.âtis en pierre sèche. Des groupes contrefaits d'oliviers rabougris Au feuillage malsain couleur de vert-de-gris. Des pentes au soleil, que nulle fleur n'égaie. Des roches de granit et des ravins de craie, Et l'on se sent le cœur de tristesse serré... Mais, quand on est en haut, coup d'ceil inespéré ! L'on aperçoit là-bas, dans le bleu de la plaine, L'église où dort le Cid près de dona Chimène!
Cartuja de Miraflores, 1841.
i(H) i;Sl'.\NA
U^ FO'MT^T'K.r: T)U CTDiCETIÈ%E
A la inonic cliartrciisc, entre des murs de pierre, ■^ En place du jardin l'on voit un cimetière, Un cimetière nu comme un sillon fauclié, Sans croix, sans monument, sans tertre qui se hausse L'oubli couvre le nom, l'herbe couvre la fosse; La mère ignorerait où son fils est couché.
Les végétations maladives du cloître Seules sur ce terrain peuvent germer et croître, Dans l'humidité froide à l'ombre des longs murs; Des morts abandonnés douces consolatrices. Les fleurs n'oseraient pas incliner leurs calices Sur le vague tombeau de ces dormeurs obscurs.
Au milieu, deux cyprès à la noire verdure Profilent tristement leur silhouette dure. Longs soupirs de feuillage élancés vers les cieux, Pendant que du bassin d'une avare fontaine Tombe en frange effilée une nappe incertaine. Comme des pleurs furtifs qui débordent des yeux.
LA i- () X 1' A I x I-: DU c r M E T I E R i; I o :
Par les saints ossements des vieux moines filtrée, L'eau coule à flots si clairs dans la vasque éplorée, Qiie pour en boire un peu je m'approchai du bord... Dans le cristal glacé quand je trempai ma lèvre. Je me sentis saisi par un frisson de fièvre: Cette eau de diamant avait un goût de mort !
Cirtuia lie Miraflorcs, 1841.
LE Crn ET LE JUIF
IMIT1-; DR SF.PUI.VHDA
LF. Cid, ce gagneur Je batailles, Ce géant plus grand que nos tailles, A San-Pedro de Cardena, — Don Alfonse ainsi l'ordonna, — Conservé par un puissant baume.
Bardé de fer, coifie du lieaunie.
Repose en un riclie tombeau, Ayant pour siège un escabeau; Sur sa cuirasse, en nappe blanche, Sa barbe de neige s'épanche Avec ampleur et majesté.
Pour le défendre, à son côté Pend Tisona, sa bonne épée.
Au sang more et chrétien trempée.
A le voir assis, quoique mort.
On dirait d'un vivant qui dort.
Depuis sept ans, dans cette pose, De ses exploits il se repose;