II
SU% LU T'KO'MliTHliE 'DU 3\CUSÉE 'DE D^C^'D'UrD
Hi. I. AS ! il est cloue sur les croix du Caucase, l,e 'J'itaii qui, pour nous, dévalisa les cieux 1 Du haut de sou calvaire il insulte les dieux. Raillant l'Olympien dont la foudre l'écrase.
Mais du moins, vers le soir, s'accoudant à la base Du rocher où se tord le grand audacieux. Les nymphes de la mer, des larmes dans les yeux, Echangent avec lui quelque plaintive phrase.
Toi, cruel Ribeira, plus dur que Jupiter,
Tu fais de ses flancs creux, par d'affreuses entailles,
Couler à flots de sang des cascades d'entrailles 1
Et tu chasses le chœur des filles de la mer;
Et tu laisses hurler, seul dans l'ombre profonde,
Le sublime voleur de la flamme féconde !
Madrid, 1843.
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L est des cœurs épris du triste amour du laid. Tu fus un de ceux-là, peintre à la rude brosse Que Naple a salue du nom d'Espagnolet.
Rien ne put amollir ton àpreté féroce,
Et le splendide azur du ciel italien
N'a laissé nul reflet dans ta peinture atroce.
Chez toi, l'on voit toujours le noir Valencien, Paysan hasardeux, mendiant équivoque, More que le baptême à peine a fait chrétien.
Comme un autre le beau, tu cherches ce qui choque: Les martyrs, les bourreaux, les gitanos, les gueux Étalant un ulcère à côté d'une loque;
Les vieux au chef branlant, au cuir jaune et rugueux. Versant sur quelque Bible un flot de barbe grise, \'oilà ce qui convient à ton pinceau fougueux.
Tu ne dédaignes rien de ce que l'on méprise ; Nul haillon, Ribeira, par toi n'est rebuté : Le vrai, toujours le vrai, c'est ta seule devise!
Il6 £SFANA
lit tu sais rcvctir d'une ctrangc beauté
Ces trois monstres abjects, effroi de l'art aiuii.]Lie,
La Douleur, la Misère et la CaJiicitc.
Pour toi, pas d'Apollon, pas de Vénus pudique; Tu n'admets pas un seul de ces beaux rêves blancs Taillés dans le paros ou dans le pentélique.
Il te faut des sujets sombres et violents
Où l'ange des douleurs vide ses noirs calices,
Où la hache s'cmoussc aux billots ruisselants.
Tu semblés enivré par le vin des supplices. Comme un César romain dans sa pourpre insulté, Ou comme un victimaire après vingt sacrifices.
Avec quelle furie et quelle volupté
Tu retournes la peau du martyr qu'on écorche,
Pour nous en faire voir l'envers ensanglanté !
Aux pieds des patients comme tu mets la torche !
Dans le flanc de Caton comme tu fais crier
La plaie, affreuse bouche ouverte comme un porche!
D'où te vient, Ribeira, cet instinct meurtrier ? Quelle dent t'a mordu, qui te donne la rage, Pour tordre ainsi l'espèce humaine et la broyer?
Q.UC t'a donc fait le monde, et, dans tout ce carnage, Quel ennemi secret de tes coups poursuis-tu ? Pour tant de sang versé quel était donc l'outrage î
Ce martyr, c'est le corps d'un rival abattu ; Et ce n'est pas toujours au cœur de Promcthée Que fouille l'aigle fiiuve avec son bec pointu.