NOVEMBRE
Si la forme, V odeur & la beauté des choses Sont les seuls souvenirs dont on ne souffre pas,
D'où vient que nous pleurons de ne plus voir les roses, D'où vient l'amer regret du parfum des lilas ?
Nous avons vu pourtant s'effeuiller, chaque année. Au souffle de V hiver, les corolles des fleurs, Et notre âme est toujours plaintive Se désolée Quand revient la saison d'éteindre les couleurs.
Nos yeux dans la forêt, suivent avec tristesse La feuille qui tournoie au gré du vent brutal, Et, sous le ciel trop bas & lourd qui nous oppresse, Nous pleurons de sentir comme tout est fatal.
Et nos cœufs inquiets, alanguis & moroses. Misérables^ flétris, découragés & las.
Ecoutent, au milieu du murmure des choses, La menace du Tems & le bruit de ses pas.
BIBLIOGRAPHIE. — Le seul recueil que Jacques Baguenier-Desormeaux ait publié en librairie est cette Marjolaine, dont nous avons parlé, et qui fut éditée chez son frère Henry, à « l'Enseigne du Pavillon dans un Parc ». — Des poésies sontéparses dans Angers- Artiste^ \J Anjou, U Angevin de Paris,, et dans ce Recueil pour Ariane, ou \e Pavillon dans un Parc, qu'il avait fondé avec René Chalupt. Des articles de critique littéraire dans l'Action Sociale de la Femme, et dans le Livre Français. Des articles humoristiques sur le Cinéma, dans \t journal. Des articles d'économie sociale dans la Missive et dans V Accord Social. — En inédit, une dizaine de Revues de salon, des vers, et une Conférence sociale faite au Cercle d'étude de La Villette.
Des articles bio-bibliographiques ont été publiés sur Jacques Baguenier-Desormeaux par Ch. Le Goffic (Revue Hebdomadaire du 27 mai 1916) — René Vallette (Revue du Bas-Poitou\. IV. 1916) — André Biguet (Les Essaims nouveaux, 1916). — Jean Royère (Les Essains Nouveaux, août IQ17). — René Chalupt, [Lt Bulletin des Ecrivains, juillet 1915 — Henry Contint {Le Journal de Maine-et-Loire, 5 septembre 1915 — Régis de Lafage [L^s Essaims Nouveaux, oct. 1917) -=- Alph. Mortier (Le Témoignage de la Génération Sacrifiée, Paris, 1917.) — etc.
Supplément pour Quelques-Uns
Si j'ai intitulé cette étude : Poètes Angevins d'Aujourd'hui^ et non pas « Les » Poètes, c'est que je prévoyais bien qu'elle ne serait pas absolument complète : le temps et l'espace, en dépit d'Einsten, me manquent également pour comprendre, en ce volume que je désire modeste pour qu'il puisse être populaire, tous ceux qui en Anjou peuvent revendiquer le titre de Poètes. Je me suis du reste excusé par avance auprès de ceux que j'omettrai, les uns parce que je les aurai vraiment ignorés — je ne prétends pas à tout connaître — les autres parce que leur oeuvre poétique me semble jusqu'ici restreinte, pour intéressante qu'elle puisse être ; ce qui ne veut pas dire que ni les uns ni les autres manquent de talent, et que cette anthologie soit un palmarès en dehors duquel nul n'aura droit à la couronne de laurier !
Je m'excuse tout particulièrement envers ces lettrés que jugule la cangue du journalisme, bons écrivains et confrères cordialement dévoués : Léon Philouse, Raymond de Nys, Jaham- Desrivaux ; et envers le bon et trop modeste Charles Baussan, et Jean Rivain, mon camarade des Ecrivains Combattants, à qui son beau labeur à la Revue Critique des Idées et des Livres ne fait pas oublier son coin natal, aux rives du Lathan.
Je m'excuse aussi envers ceux que je. vais citer, et pour lesquels les renseignements indispensables me sont parvenus trop tard, alors que cet ouvrage était déjà sous presse, de la place minime qui leur est donnée, en dehors de l'ordre chronologique où ils eussent dû figurer : 11 n'y a point ici de premiers ni de derniers: